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L'heure équilibre

30.11.2006 - Demain, à l'aurore naissante


Ce soir, pour la dernière fois, j’avais ouvert ma porte.

Longtemps, j’ai regardé ton ombre se découper

Sur le fond sombre d’un jardin irréel. Qu’importe !

Immobile, contre un chêne accoudé,

Tu ignorais le rai de lumière invitant.

J’ai laissé s’éteindre la mèche, patiemment.

Signant un pacte avec les anges, j’ai refermé les battants.

Demain, à l’aurore naissante, les ombres auront fui,

T’emportant avec elles vers les palaces de l’oubli.

Ce que nous fûmes retournera au néant.

Mon cœur n’a plus la force des regrets.

Il consent au demain qui profile sa voie.

Je dormirai maintenant dans d’autres bras,

Priant Dieu de ne jamais plus prononcer

Ni ton nom ni même son souvenir.

Comme ceux qui paient leurs torts,

Au prix le plus fort, aux prix de leur corps,

Je laisse nos hiers dans un coin de terre où dormir.

Sorrow est une contrée aride et désolée,

Les nuits y sont longues et terrifiantes.

Les astres ne se souviennent plus d’y luire.

Ceux qui arpentent ses acres abandonnées

Bien qu’encore respirant, déjà sont morts.

Un jour, les pierres des tours de sable

S’effondreront, ensevelissant les œuvres d’un diable

Qui s’amusa à nous conduire sur des chemins de ronces.

Mais il est temps qu’à mon tour je renonce

A rallumer des cierges qui trônent sur des autels paiens,

Ces astres qu’un jour, par mégarde, j’ai étreints…

Le temps est venu de nous offrir à une autre vie.

Demain, dans la pénombre, je regarderai

Ce jardin qui pour toi a tant et tant fleuri.

Je resterai immobile entre les battants ouverts

Ne guettant plus, n’attendant plus.

Je resterai là encore un peu, une dernière fois.

Tu ne le verras pas, pourtant mon cœur sera là,

Comme se tient là l’éternité.

 

Arwen Gernak

01-12-06





"Les cierges de ma vie - Lentement se consument. - Je suis un mort qui prie - Les vivants qui s'allument."
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1.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par heloiseacquila
Une si belle séparation
mélancolique et raisonnable
n'éteind pas moins la fable
d'une future adoration...
Quand l'heure est aurevoire
il faut affronter le désespoir!

Merci pour cete lecture si agréable*
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1.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par alzeno
ça captive avec douceur
a.
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1.12.2006 - Alors

Publié par kelton
Ne plus prononcer...
Mais le slence de la voix ne peut ôter...
Ne peut empêcher les cris du coeurs
Dans l'esprit de résonner...
Kelton
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1.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par ArwenGernak
Certes Kelton! Toi et moi savons très bien cette vérité. J'aimrais juste vivre un peu, oui un peu......

Merci à vous tous pour vos mots encourageants.

Margod
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2.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par kelton
Quand un texte est si fort, Il fait perdre les mots...
je te rends le i et te reprends le s de mon dernier com.
Kelton
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2.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par ego
c'est vraiment très beau.
il y a comme un souffle de Louise Labé dans ton texte
c'est assez troublant...
"ainsi Amour inconstamment me mène :
Et ,quand je pense avoir plus de douleur ,
Sans y penser je me trouve hors de peine."

( "vingt trois sonnets")
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3.12.2006 - Je ne domine plus!

Publié par Jocab
Sincèrement, je ne sais quoi dire! Ce poême (oui! c'est LE poême!) m'a déchiré les entrailles! Vouloir oublier avec la menace de ne pas le vouloir, désirer un avenir qui se veut passé, fermer la porte au cambrioleur en laissant la clé sous le paillasson!...
Réellement, je n'ai pas de mots! Peut-être... sublime! Cela te suffira Margod?
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17.12.2006 - Commentaire sans titre

Publié par jlm
ah, Amour que tant on désire
et qui peut tant nous faire souffrir !!!
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10.9.2007 - avec un peu de retard..

Publié par Deirdre
.. je reprends peu à peu contact avec TLP, je découvre de nouveaux membres, je vais visiter ceux qui ont lu des mots laissés à leur intention..
Hello, jeune dame. Ce poème m'a parlé, j'ai aimé cette atmosphère, ce regard presque neutre, cet effort pour ne pas s'apitoyer sur soi.
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A propos de moi

Quelques vers chus d'une plume hésitante, quelques rimes timidement avancées, quelques poèmes balbutiés. Les mots entrelacés, croisés, déchirés. Des mots amoureux d'eux-mêmes, Narcisse à pardonner. Les mots de toujours, parfois ceux des jamais, surtout ceux des peut-être. Vivre pour une langue sans en mourir.

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