Deirdre's Blog | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
LA VIE, LES MORTS..
{ 12:21, 29/7/2005 }
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_________________________________________________ Je suis debout de nuit près d’une pierre levée Gravée de signes sombres au cœur de la forêt; J’ai du m’y appuyer un peu reconnaissant l’échec, Le vide sous mes pieds les yeux encore secs Je tremble sous ma cape, mais ce n‘est pas de froid (…) Je suis prêt au combat, immobile et en rang Près d’autres cavaliers tendus et frémissants L’air sent le cuir, le cheval, les feuilles pourrissant Bien trop tôt tout à l’heure l’air portera l’odeur Fade, tenace, au goût de fer, l’odeur du sang Et le bruit des corbeaux couvrira la fureur Silencieuse et mortelle, comme le soir descend (…) Accroupie dans la cour, il fait encore chaud À l’ombre de figuiers étiques, près des pierres J’écoute l’homme en blanc nous parler des mystères Et je trace du doigt un signe dans le sable (…) Les pavés se disloquent la rue est envahie D’une poussière âcre et de relents de souffre Ininterrompu maintenant comme un tonnerre fou Le grondement les cris le bruit des incendies Les cadavres tombés les biens abandonnés Dans la fuite éperdue vers la mer, pieds en sang (…) La lumière s’allume sur un autre voyant du long courrier prêt au transbordement Nous sommes tous liés, en boîte, des poupées L’écoutille qui s’ouvre, l’air s’échappe en sifflant C’est sans un bruit ou presque que je suis éjecté Dans le noir que je tombe au sein du firmament Propulsé vers mon but, un monde bleu et blanc (…) Je descend l’escalier large usé solennel Sous un soleil encore jeune et trop blanc Les toges des passants ont des teintes pastel, délavées la cité est immense et sans âge Des genêts des cyprès des jardins d’agrément L’école du Temple près du quartier marchand La sagesse millénaire que lentement j’apprends.. (…) On nous a rassemblés dans une cour fermée Des gardes sont postés sur les murs de l’enceinte À genoux, enchaînés, sans savoir notre sort Le jugement sommaire, un sabre, sans une plainte Son corps s’affaisse et tombe, l’homme devant moi est mort Et sa tête roule encore sur le gravier gluant (…) Le sas s’est refermé je regarde au travers D’une vitre glaciale un homme à la dérive Son filin est rompu il flotte bras en l’air Sur le noir de l’espace sous la lumière vive (…) Le vent vient de la mer il fait froid au soleil Mais la hache levée pour abattre celui Qui voulut ce combat, Torse nu, en sueur Je ne sortirai pas du cercle dans le sable Ou bien je mourrai là aujourd’hui pour l‘honneur (…) Le monastère brûle et on entend des cris Les pillards se répandent, c’est la dernière nuit Ce soir j’ai prié longuement et j’ai lu Près du lourd chandelier, autant que je l’ai pu (…) Le sable sous mes pieds, dans la soirée aride Seule près de ma maison éventrée, Je regarde partir les soldats, l’esprit vide Les miens au milieu d’eux. Leurs épées au côté, La pourpre de leur cape, ont au soleil couchant le reflet de la haine dans mon regard brûlant (…) Le circuit est un piège d’où l’on ne revient pas Et la course entamée depuis trois jours déjà Je suis bourré de drogues pour rester éveillé Je mourrai aujourd’hui dans un brûlant fracas cette odeur l’huile chaude commence à m’écoeurer Ils n’auront plus de corps, encore, à rapiécer Ainsi meurent les cyborgs quand ils sont fatigués…
____________________________________________________________________ Ó MD Deirdre 2003 { Post a Comment } { Last Page } { Page 14 of 52 } { Next Page } |
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