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Deirdre's Blog

Faites-nous la Cour, Messieurs!

{ 00:27, 1/6/2005 } { 2 comments } { Link }

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Nous aimons qu'on nous aime
Sachant bien qu'il s'agit d'un jeu
Nous aimons vous l'entendre dire
et pas qu'un peu ! Beauté des courbes
de nos corps, poses, sourires..

Pourquoi ce corps dans vos écrits
prend-t-il tant d'importance ?
Nous sommes des esprits, Messieurs,
libres, graciles, aussi sujets aux changements que
vous, aussi fragiles. Même nos noms importent peu.

..Et Pourtant vos sourires allument dans nos yeux
tant de promesses de plaisir, et tant d'aveux!
Qu'il faut vous l'avouer, à ce jeu délicieux
Nous cherchons toutes un peu à en périr.

Si sur ces pages en dépit de nos jeux
c'est notre esprit d'abord
que vous buvez des yeux
Louez tout, et le coeur et le corps,
vous vaincrez sans férir..
Pour notre grand plaisir;
...Faites-nous la cour, Messieurs!


©Deirdre 29 mai 2005



CIGALES

{ 23:53, 29/5/2005 } { 0 comments } { Link }

Je suis du pays du vent et des cigales.

Leur chant emplit ma mémoire.

Bercées par le murmure du vent dans les pins, les images de mon bonheur d’été chantent, elles aussi.

Soleil- sourire, ombre complice , les arbres du jardin de ma mère accompagnent en douceur mes rêveries, le livre que je ne lis pas posé, ouvert, parle d’amours plus ternes que les miennes.

Ô, mon amour sonné à minuit trente, les images du bonheur ont la clarté d’un ciel d’été, quelle que soit leur saison.

Jouer, follement, les jeux de l’adolescence à l’âge mûr,

Le cadeau que je fais à ma vie est sans prix.

Homme sombre du pays des griots, je chéris ton nom et jusqu’au souvenir de ton ombre.

Je garde comme un joyau précieux chaque minute passée où ton amour a fait de moi la reine de ton monde.

Ma tendresse pour toi déborde les limites du temps elle déborde mon âme.

Mon amour pour toi ne mourra pas même dans l’hiver de la solitude où tu me renvoies.

 

 

30 août 2001.



Si tu pars cette fois..

{ 21:39, 29/5/2005 } { 0 comments } { Link }

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Tu as fait de mon lit un vrai champ de bataille

J’adore dans tes yeux cette lueur canaille

Quand tu me regardes me tordre et chavirer

Sous tes caresses faites d’une main assurée.

 

J’aime voir mes enfants s’amuser de tes frasques

Et les concours idiots où tu nous as lancés

Faire fleurir les rires et les rimes fantasques

Tu pourrais prendre place auprès d’eux sans forcer.

 

Pourtant la femme en moi se lasse

Et voudrait d’autres marques, des mots affectueux

Une envie partagée de voir la vie à deux

Un poème une fleur des sourires fugaces

 

Une correspondance en dehors de nos jeux

Qui me feraient me dire enfin! Il m’aime un peu

Mais rien ne vient de toi; alors, de guerre lasse

Devrai-je me résoudre à te jeter dehors?

 

Vois tu je ne sais pas aimer un corps

Sans aimer aussi l’homme. Les jours passent

Il y aurait tant de choses encore à explorer

Je jouerais bien encore les amants enfiévrés,

 

les vieux habitués, mais tu sais,

Si tu pars cette fois, je ne vais pas pleurer;

Je tirerai un trait et puis je survivrai.

Si tu pars cette fois, ne me reviens jamais.

 

 

Deirdre  21 juin 2004.

 



DERIVES

{ 21:23, 29/5/2005 } { 0 comments } { Link }

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Partir devant les matins gris

Déraper sur la glace

Aujourd’hui encore

Un ciel d’étain fondu

les murs rasent gratis

Et les femmes frissonnent

Parures de givre,

les pavés se déchaussent

Les cantonniers font un boucan

De tous les diables

Ils ont laissé un trou sans fond

Un kobold est sorti du trou;

Je jurerais qu’il m’a fait un clin d’œil

 

 

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Ó Deirdre 25-04-2005



Dans le creux de ma main..

{ 23:49, 24/5/2005 } { 0 comments } { Link }

 

J’ai juste imaginé de caresser sa joue
Et j’ai cru en sentir le grain et la rudesse.
Ah ! quel émoi ce geste pourtant innocent
A fait naître en mon coeur. Mais le serait-il vraiment ?

Que ferait-il alors ? Prendre ma main peut-être
et ses yeux dans les miens -comme ils sont scintillants!
déposer un baiser dans le creux de ma main..
Je tremble en y pensant. Car le jeu innocent
ne le resterait pas, et nous savons très bien
où il nous mènera, n'étant plus des enfants..

Je sais trop quel pouvoir peut avoir la pensée
rien ne peut arriver que l'on n'ait décidé
..J'ai peur déjà de ce que je pourrais créer.
Dans le noir de ma chambre il est dur de bannir
le maelstrom d'idées folles venues de mon passé;
ces images d'alcôves mélangées de possibles
reviennent me troubler, je m'applique à les fuir.


Cesse donc, imbécile, de rêver à l’amour;
Il viendra bien un jour, il viendra en son temps..
Contentes-toi de vivre un peu plus chaque jour
la vie te donnera et l'amour et l'amant..




A L'ENVERS

{ 23:42, 22/5/2005 } { 2 comments } { Link }

En hommage à Mo Cuishle, pour ceux qui ont vu Million dollar Baby

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Tout est à l'envers dans la boxe

pour aller à gauche, tu appuies sur le pied droit

tu ne cherches pas à éviter la douleur

mais tu t'enfonces dedans.

 

Le problème, avec le sang, c'est d'éviter qu'il t'aveugle

cogner, encaisser, se garder.

Quelle est la première règle?

Toujours penser à se protéger.

 

Tu prendras des coups, c'est inévitable.

Tu sentiras tes os casser,

la coupure refermée qui ne tient que par ta volonté;

tu frapperas plus fort et plus vite que l'autre.

Quelle est ta propre limite?

Combien de combats avant d'y arriver?

 

Tu entendras leurs cris et les voix

qui scandent ton nom, elles rugissent

plus fort que le bruit de ton propre sang.

My Darling, my blood..

Est-ce que j'aurai ma chance?

 

-Oh, ma chérie, oh, mon sang..

-Ne pleure pas, ce corps est éphémère.

J'ai eu ma chance

J'ai oublié la première règle.

J'ai rencontré ma limite.

 

 

 

 



ENFANCE

{ 01:55, 12/5/2005 } { 1 comments } { Link }

 

J'habitais en ces temps au confluent des mondes.

De mon duplex assis sous l'arc en ciel du vent
J'amalgamais des sons, des mots, des idées neuves
Qui ont du voir le jour 257 fois par an
Sous des fronts d"écoliers avides d'hirondelles.

Les alouettes en passant me racontaient l'Afrique
Les ruisseaux balbutiaient les contes de la terre
Mon esprit refaisait le trajet des mouettes
et celui du saumon.


En ces temps là,
Je ne connaissais pas les limites du vent



AIMER

{ 00:37, 23/4/2005 } { 4 comments } { Link }

 

AIMER C’EST

.. boire tes lèvres
Velours et soie
Et qu’à leur tremblement
Réponde un écho
dans mon ventre
Une corde pincée
L’arc bandé du désir
Qui ne s’apaisera
Que lorsque nous nous rejoindrons
Pour se tendre plus fort

..dessiner sur ton corps la carte
du plaisir que nous nous promettons
Deviner à tes yeux quand ils brillent
plus fort ce que tu apprécies
Inventer chaque geste
comme si il était fait
pour la première fois
Parce qu’il est fait pour toi

..vénérer à genoux une idole païenne
Pendant un temps qui n’appartient
qu’à toi, sans autre volonté
que de te voir heureux
Et sans autre fierté que la mienne:
Savoir, c’est moi qui le crée et le veux.

..oser tout, avec toi ce sera
toujours beau
aussi fou que ce soit
Imaginer de voir ce que tu vois
Quand tu es au dessus de moi
Te serrer dans mes bras
quand tu viens, t’entendre
psalmodier mon nom
Chanter pour toi sans frein

T’offrir mon corps comme
une planche qui ne coulera pas
quand la déferlante t’emportera
Te noyer dans un Tsunami
Renaître, et recréer la vague
Qui te remportera
Rester sur la grève parfois
Qu’importe, si tu voles
Plus haut et plus loin que moi..

.. te voir et te sentir même si tu n’es pas là
.. être plus que moi parce que tu vis en moi
..vivre par ton souffle et avoir mal pour toi
quand la vie t’égratigne;
..entrer en résonance dès que j’entends ta voix
Graver en moi l’image de ton sourire
Sentir chaque centimètre carré de ta peau
Contre moi, te regarder dormir..

Trembler à l’idée de te perdre,
me taire quand je te sens partir
lancer dans le vide mon amour
comme on lance un filet
Te perdre, te retrouver:
Pleurer n’est pas mourir.

Je reviendrai encore
du plus profond du temps
Je viendrai pour reprendre
ce qu’elle m’a volé
J’abolirai le temps
Où je n’ai pas aimé.




LA LEGENDE DE DEIRDRE

{ 12:46, 22/4/2005 } { 2 comments } { trackbacks } { Link }

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Conor c’était le King. Un mec qu’y fallait pas chercher sinon on se retrouvait vite en deux morceaux, la tête d’un côté et le reste en tas quelque part. plutôt craignos, quoi, mais ses potes, tous de gros durs, le suivaient et lui faisaient confiance.

Feilim, lui, c’était un ponte des Tuatha de Danaan. Un jour que Conor lui faisait une petite visite entre kings, la meuf à Feilim accoucha d’une fille. Et là, le vieux Cathbar, un genre d’allumé avec un bâton et une harpe, se lève et se met à avoir des visions. Comme quoi la môme en question elle allait être la plus canon qu’on aurait jamais vue, d’accord, mais que gaffe! Parce qu’elle serait la cause que plein de mecs allaient casser leur pipe et même le royaume d’Ulster serait foutu à cause d’elle.

Les copains à Conor, ça les a refroidi un peu, les visions du vieux et elle a bien failli pas durer plus que sa première journée.. Mais Conor lui, ça l’a plutôt fait marrer, alors il leur a dit: je m’en occupe. Et quand elle sera un peu plus vieille, j’en ferai ma meuf. Alors, il enferme la môme en compagnie de sa nourrice, d’un homme à tout faire et d’un prof privé, dans une tour, à la cambrousse, histoire d’avoir la paix.

La môme Deirdre, c’est son blaze, elle grandit comme ça, et elle devient super canon, et pas con avec ça. Y a pas grand chose à faire d’autre qu’apprendre et réfléchir quand on s’em **** dans une tour, faut dire. Et puis, elle a aussi son petit caractère, en bonne Irlandaise, et elle sait ce qu’elle veut.

Pas du vieillard qui lui a foutu son enfance en l’air comme chauffe-lit, toujours. Alors, elle se débrouille pour que son prof lui fasse rencontrer un mec à son goût.
Lui, c’est Naos qu’on l’appelle. Un mec plutôt courageux, plutôt joli garçon, et comme c’est un fils du roi Usnach, il est prince aussi, ça gâche rien. Naos hésite un peu au départ, mais pas trop longtemps non plus parce qu’il a les yeux qui lui sortent des orbites façon loup de Tex Avery quand il voit la donzelle et le feu au...aussi.

Et ils se font la belle, Deirdre, Naos, et ses deux frérots Aile et Ardan. Ils se cassent en Ecosse, où ils vivent à la coule pendant quelques temps, au bord d’un lac, peinards. On le rebaptisera plus tard le loch à Naos, cui-là.

(...)

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LA LEGENDE DE DEIRDRE (suite et fin)

{ 01:44, 22/4/2005 } { 2 comments } { Link }

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(résumé de l’épisode précédent: Deirdre, la plus jolie fille du monde, que le roi Conor a tenue enfermée dans une tour en attendant qu’elle ait l’âge de l’épouser, s’est fait la malle avec un beau prince et ses deux frères, pour vivre avec eux en exil)

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Conor, lui, il a les méga-boules, et il pas d’accord, mais alors pas du tout, que ça se passe comme ça. Seulement, il a un blème: les fils d’Usnach, ils sont plutôt bien vus par ses loubards, c’est des costauds qui castagnent dur, et y en a pas un qui accepterait de se les faire. Conall l’envoie paître, Cuchulain aussi. Finalement, Conor envoie son pote Fergus en Ecosse avec mission de faire revenir les frères en leur promettant qu’ils risquent rien.

Quand Fergus se pointe au Lac Ness, (ben oui, quoi?) il a pas trop de mal à convaincre les trois frères, qui ont un peu le mal du pays. Mais Deirdre n’y croie pas, elle. Elle commence à faire de vilains cauchemars, mais va donc convaincre un type qu’a envie d’aller voir ses pote que ça lui réussira pas, rien à faire. La petite troupe met le cap sur l’Ulster.

A peine débarqués, le gars Fergus se retrouve embringué pour une sauterie que ce finaud de Conor lui a préparée chez un pote à lui. Coincé par les règles de l’hospitalité, Fergus laisse ses deux fils poursuivre le voyage avec Deirdre, Naos et les frères. Deirdre a maintenant des visions (oui, ben, elle aussi! C’est comme ça) où son chéri baigne dans l’hémoglobine et où tout le monde se retrouve très mort, mais elle a beau dire que ça finira mal, personne veut la croire.

Ils arrivent à la cour de Conor, où ils sont reçus avec tout le tralala, logés dans un palace, tout ça. Le vieux roi, quand il voit Deirdre toujours aussi mignonne prend un coup de sang, et à la nuit il envoie la troupe pour brûler tout le monde. Le premier qui sort est un des fils de Fergus; comme il fait pas mal de dégâts à lui tout seul Conor lui propose un gros backshish, et le petit jette le gant. Le deuxième fils de Fergus se jette dans la mêlée et le moujingue à Conor, Fiacha (qu’est ce que j’y peux, moi, si ils ont tous des noms à coucher dehors dans cette histoire?!) qui a emprunté pour l’occasion l’épée magique de son dabe, a bien du fil à retordre avec lui et arriverait à rien, si Cuchulain, qui croie son Boss en danger se pointait pas à ce moment. Quand il s’aperçoit de sa gourance, Cuchulain rétablit l’équilibre, et cisaille Fiacha.

Pour les trois frères, c’est la grosse castagne, ça dure toute la nuit et c’est pas gagné d’avance tellement ils ferraillent dur. Finalement, grâce à un sortilège du vieux druide Conor arrive à leur mettre le grappin dessus.

Les trois frères une fois condamnés à mort se disputent pour se faire raccourcir en premier(ces héros, j’vous jure!) ; finalement ils sont étêtés tous les trois en même temps d’un seul coup de leur grande épée Vengeance et Deirdre se balance du haut de la tour histoire d’emmerder Conor jusqu’au bout.

Fergus quand il se pointe et qu’il apprend la nouvelle, ni une ni deux, il taille dans le tas: son fils aussi, et un bon paquet des vaillants de Sa Grandeur. Et histoire de faire bon poids il va s’allier avec le roi d’à côté pour faire la guerre à Conor. Comme tous ses chevaliers lui font la gueule maintenant qu’ils ont vu comment il a traité les fils d’Usnach, Conor se retrouve un peu léger pour se défendre, et il prend la pâtée.  
Et c’est la fin de l’Ulster, et de tout un tas de héros.
Et voilà!

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FRATER OMNIAS

{ 23:58, 17/4/2005 } { 1 comments } { Link }

La passion nous habite et nous lui refusons tout l’élan que pourrait lui donner notre cœur. Par peur, ah, cette peur abjecte et imbécile.. Il ne faudrait surtout plus retenir tous ces gestes d’amitié spontanée, cette lueur de plaisir qu’allume la brève reconnaissance de l’autre dans l’œil que nous croisons.


L’amour est là où je me tiens et si tu n’es pas encore mon frère c'est que nous n’avons pas encore pris le temps de nous parler et de nous reconnaître.

Reconnaissance: je suis née à nouveau avec lui à ce point où nous nous rencontrons.

Perte. Ah, la perte irréparable que l’on endure à se quitter quelques heures quelques jours parce qu’il y a la vie, parce qu’il y a ces choses à accomplir chaque jour, qui grignotent le temps qui nous est imparti.

Le temps s’abolit quand je ferme les yeux. Chaque instant que j’appelle est frère du présent. Le temps ne gomme rien, tout est là, l’odeur, le son, la pression de ta main sur mon bras, l’indicible douleur comme une sœur jumelle de ta douleur, mon frère.

Et moi enfant choyée, unique, comme chaque vie est unique, vraiment, je m’arroge le droit de me sentir semblable à la multitude des êtres que je côtoie.
Mon âme -elle est comme l’eau de la rivière de ce matin nouveau.
Je regarde le fonds et je le trouve beau.

Je suis
Comme l’eau qui court
Je me répand en eux
Qui sont moi
Comme moi même
Suis de plus en plus
JE
!



MATHEMATIQUES SUPERIEURES

{ 23:05, 17/4/2005 } { 3 comments } { Link }

Nous voyageons au cœur de nos amours abstraites.
Nos mains tracent des signes au trajet incertain.
Bien au chaud, de très loin,
nous réduisons notre semblable en paramètres.
Nous tentons quelquefois de résoudre son équation.
Pourtant j’ai beau refaire tous mes calculs un à un,
Il reste une inconnue



TABOU

{ 00:38, 15/4/2005 } { 2 comments } { Link }

Je censure mes rêves je surveille mes pensées

Je meurs lorsque tu pars et pourtant je me tais

Il y a dans mes au-revoirs tant de mots avortés

Par excès de pudeur je n’ose te toucher

D’autres t’attrapent, t’embrassent, te tiennent en te parlant

De peur de me trahir je me tais et j’attends.

 

Quand je vois dans tes yeux un peu de cet éclat

Que j’associe aux mâles, à la sueur, aux émois,

Malgré moi je me fige dans mes bons sentiments

De peur de déclencher le feu la foudre le sang

Puis le moment finit et il se fait trop tard

Je te perds à nouveau quand l’un de nous repart.

 

Ce moment passé sera-t-il un regret?

Y repensant plus tard, est ce que je m’en voudrai?

Au plus près de la mort on regrette ses fautes…

Serai je malheureuse de n’avoir su pêcher?

 

Un jour sans doute j’en rirai

Mais quoique j’ai changé

Je suis toujours la même

Celle qui t’a aimé.

 

Il est toujours trop tôt, décidément,

Quand part celui qu’on aime.

 

 

 

 

 



La sombre ruelle...

{ 12:27, 14/4/2005 } { 2 comments } { Link }

J’ai couru les trottoirs j’ai marché sous la pluie

Transpiré du plaisir de l’été revenu

Fouillé chaque recoin, retourné des poubelles

Chaque miroir pourtant me disait: tu es belle!

Je me cherchais moi-même et ne me trouvais point.

Mon cœur comme un vase brisé, gisait, lointain.

Tu étais toujours là mais je t’avais perdu

 

J’ai retourné mes lettres entre mes doigts tremblants

J’avais peur de pleurer comme je le fais souvent

Mais mes mots étaient gais comme mes sentiments

Et plus sages que je ne le suis maintenant.

 

J’ai retrouvé l’endroit où mon cœur est tombé

Sentinelle surprise, sous tes coups de couteau

tous ces moments de doute quand tu te retirais

Tu semblais sûr de toi et de ne plus m’aimer

Et cette certitude qui alors m’habitait

Elle n’était pas si folle lorsque je me disais

Je te veux je t’aurai -il me suffit d’aimer

Et de le décider tout comme au premier jour

 

Je récoltais alors chaque souffle de toi

Qui marquait un regret ou me faisait comprendre

Que je ne rêvais pas- car tu m’aimais encore

En te taisant, et ne le disais pas.

La certitude tranquille de ce que je sais

Aurait du me garder contre tes apparences

Ta dureté doublée d’une telle ignorance

De ton être et du mien -de tout ce que tu sais

Et en quoi nous croyons l’a emportée au loin.

 

Mon esprit reste vide sauf de ton souvenir

Je fais toutes les erreurs d’une âme trop sincère

Je t’écris et j’attends l’impossible réponse

Que me ferait ton cœur s’il était libéré

Des tourments et mensonges dont il est imprégné.

 

Certains jours je le sais j’habite tes pensées

Tu souffres de tes choix et tu as des regrets

Nos jeux -cette folie de l’amour partagé

Les signes formidables qui le transcendaient

Au delà de ce monde et de ce qu’on y voit

 

Tu sais tout comme moi qu’une fois qu’elle est vue

La vérité demeure exposée au grand jour

Et quand enfin nos yeux se sont posés dessus

Elle fait partie de nous et y reste toujours

 

Après les jours maudits après tes longs silences

Revenait le moment de la sincérité

Parce que patiemment je t’avais acculé

À entendre mes mots et ce que j’y mettais

Quand après ta froideur tu avouais enfin

Que d’entendre ma voix faisait le même effet

Que tu avais eu tort, et peur de t’engager

 

Donnes moi un seul signe aujourd’hui de cela

La glace qui menaçait volera en éclats

Il n’y a pas entre nous de mensonge qui tienne

Ou qui ne fondrait pas sous mon amour brûlant.

 

Ton silence aujourd’hui est doublement suspect

Si tu ne le dis pas, je me doute et je sais

Quel effet a ma voix pour l’avoir tant de fois

Et perçu et compris - elle chante dans ton corps

Et tu doutes de toi. Doute autant que tu veux!

 

Il viendra bien un jour où tu ne pourras plus

Éviter de me voir et où tu répondras

À mes lettres à mes vœux et à tout cet amour

Que j’ai créé pour toi et qui ne peut mourir

 

J’ai retrouvé mon cœur dans la sombre ruelle

Sur le pavé mouillé il brillait, en morceaux

Je les ai ramassés; il peut battre à nouveau

Mais pour qui et pour quoi? Il est trop plein de toi.

 

Je peux sûrement survivre à une trahison

Si je ne trahis pas mon sentiment premier

Si je garde mon cœur loin du ressentiment

Si je décide enfin librement de t’attendre

Ou de te rejeter -sans que l’on me l’impose.

 

Pourtant si je pouvais je referais ce choix

Pour vivre ce bonheur, pour être aimée de toi.

Non, tu ne changeras pas l’amour en amitié;

Si même tu voulais tu ne le pourrais pas

Il n’y a entre nous que cette affinité

Née de l’âme et du corps, l’appel en est trop fort

Pour rester ignorée si ce n’est par effort

 

Toute force appliquée revient vers son auteur

En effondrant sur lui ce à quoi il résiste

Quand tu me reverras que va-t-il se passer?

Ton corps te le dira comme il l’a déjà fait

parce qu’il s’émeut encore du souvenir du mien

Quand tu ne te ments pas, dans le petit matin.

 

Serrer les dents et taire tes pensées hélas

Bien trop facilement tu le peux et le fais

que ne demandes tu pas à la femme qui t’aime

De te faire confiance quand tu es incertain

Et comment pourrait elle se laisser aller

à t’aimer librement quand elle doit se dire

que tu peux la quitter du jour au lendemain

Je le savais trop bien et je t’aimais sans frein.....

 

 



Le tout est plus grand que la somme des parties..

{ 10:35, 14/4/2005 } { 3 comments } { Link }

 

 

Tous mes amants en moi n’aimaient qu’une portion

De ce corps en fonction de leurs affinités

L’un n’aimait que mes seins, l’autre s’extasiait

Sur le port d’une tête au-dessus d’un cou long.

 

Des courbes d’une hanche au modelé d’un nez

Du dessin de la bouche au plissé d’un sourire

Jusqu’aux plis incarnats aux lèvres du désir

Chacun se fit le chantre d’un bout de ce qui est.

 

Seras tu le trouvère d’un amour plus complet

Où tu apprendrais à connaître, à aimer,

Chaque portion de moi et ce corps tout entier?

 

Lorsque je te découvre dans le noir d’une chambre

C’est ton intégrité que j’apprends à aimer

Celle qui forme un tout par où je te connais.

 

 

Ó MD26-06-2003



Comment as-tu fait ça?

{ 01:33, 14/4/2005 } { 3 comments } { Link }

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Je ne pense pas

Et je n’écris plus rien

Depuis que tu es là

Il n’y a plus ni soucis

Ni souvenirs flottants

 

Tu es là sans y être

Sans t’imposer à moi

Et sans qu’il reste

Le plus petit endroit

Où se faufiler

Jusqu’à moi.

 

Comment as tu fait ça?

Je n’ai rien vu venir!

Tu t’es glissé dans ma vie

Comme si tu avais

Toujours été là

Et dans un sens c’est vrai

Je ne m’étonne même pas

Tu as pris place dans ce creux

Qui avait la forme exacte de tes bras.

 

Tu es arrivé

Mon voyageur

Au pied d’un arc-en-ciel

Il fallait au moins ça!

 

Tu t’es faufilé

Mon cœur

Dans mes pensées

Qui sinon t’a soufflé

Comment m’attraper

Pour me faire chanter?

 

Je me perds

Dans tes yeux clairs

..le monde peut tourner

À nouveau sur son axe

Tu es.

 

 

 



Manifeste des âmes éblouies

{ 01:36, 7/3/2005 } { 2 comments } { Link }

 

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À chaque mort funeste qui barre le chemin

de ceux qui rêvent et qui ont faim

pour ceux qui cherchent en vain

Dans l’enfer de leurs jours un autre lendemain

 

Dans cette panoplie si mal accordée d’êtres

Ballottés au hasard des « pourquoi » , des « peut-être »

Qui cherchent malgré tout à aider leur prochain

Sachant trop bien eux-même qu’ils ne sont pas des saints

 

Sur cette piste raide, aride, rocailleuse,

Je grimpe lentement quand je voudrais courir

Ah! Retrouver-rien qu’un peu! -mes ailes, m’envoler!

Et faire ce que je veux, pouvoir le leur offrir!

 

Au bout là-haut je te devine

Brillante étoile chantée par le poète

Je le sais bien au fond c’est en nous que tu gis

Comme une promesse faite à tout ce qui vit.

 

Peut être qu’en dépit des travers du chemin

Un jour viendra où tu sauras enfin

Qui tu es et pourquoi tu agis.

 

La mort est un leurre gris

La douleur une distraction

Alors que vaut la vie?

Seuls les plus beaux des gestes

Les sourires sincères

Les cadeaux aux amis

Les rires survivront

 

Seulement…..ces repas, ces chants, cette musique

Ce trouble délicieux avant que tu me touches

Et ton œil pétillant au dessus de mon lit

L’aveu fait en pleurant quand il est bien compris

Le pardon et les jeux, et les rires et les cris..

 

Seulement tes plus beaux gestes

et tes plus beaux poèmes

Ceux qui nous donnent envie

de te dire « merci »

La beauté de l’enfant,

la lumière de l’aube

Et puis l’odeur du pain,

du feu et de la pluie..

 



Fêlure au cœur d'un paysage hyperbolique

{ 00:03, 7/3/2005 } { 0 comments } { Link }

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Au confluent de nos mémoires

Le temps se perd dans les méandres

Du vent mélancolique, de la flûte sereine

Je me blottis contre cet autre

-rempart incertain de mes jours.

 

Au théâtre de nos souvenirs

Le rideau cramoisi se peluche et s'effile

Comme s'enfuit la vie.

Sur la place de nos pensées

La fontaine est sculpture de glace

Pied de nez de l'hiver et je casse

Sans crainte les miroirs de l'été:

 

De quoi aurais-je peur?

Rien ne peut plus atteindre

Celui qui n'a plus rien.

La mort est un fossé sans fonds

au bord du paysage

Le monde est fêlé depuis lors

et l'harmonie rompue.

Je vis, que peut on dire de plus?

 

Voyageur incertain le terrain

De mes songes est une carte volage

Colorée aux endroits

Où j'ai posé mes pas.

Peut être qu'il existe encore

quelque part cet espoir

et cette foi en l'autre…

 

Certains jours mes doigts gourds

ont du mal à recréer l'aurore;

Certains matins, Dieu a du mal à croire.

 



Le bruit du silence

{ 23:59, 6/3/2005 } { 4 comments } { Link }

Parfaite

Dans l’air, immobile et unique

Elle plane longuement.

Attaque glissée, vibration,

Déformation harmonieuse du son

Rémanence et perpétuation

De l’instant qui passe

Une seule note

t’emporte..

..Tempo accéléré

Haletant, maîtrisé

Guitare électrifiée

Phrases nouvelles nées

l’une à l’autre enchaînées

Le motif reparaît

jusqu’à sa conclusion

Qui tombe

À point nommé

 

J’ai vécu ces rencontres

Ces alliances parfaites

Qui venaient à foison

Enrichir la maison

vivante création

Elles étaient si communes

Qu’on n’en a rien gardé

Ou si peu de versions

Une sur un millier

 

Tes notes résonnent encore

Au cœur de tes amis

Ta musique est inscrite

Dans trop de souvenirs

Pour qu’un jour on t’oublie.

 

La maison est encore

toute meublée du silence

que laisse ton absence

Même si les enfants rient.

Ils sont beaux tous les deux

Tu en serais très fier

Ta fille, presque une femme

chante juste; elle joue des airs

de flûte; elle a même déjà

chanté dans un concert.

Ton fils a les yeux clairs

Et les boucles d’un ange

C’est lui qui aurait eu

Le plus besoin d’un père…



Clair Obscur

{ 23:57, 6/3/2005 } { 3 comments } { Link }

Ce grand corps près du mien,

Comme il est dense,

D’une insondable réalité.

Sombre et clair, contraste élevé,

la ligne est nette

Comme tranchée par le crayon de l’artiste

Et l’on ne pourra jamais ignorer

où tu commences, où je finis.

 

A toi, si parfaitement homme

que tu crées la femme en moi

Par ta seule existence

Par ta reconnaissance de ce que je suis,

Aurai je assez de mots pour dire

Combien tu es beau,

par la beauté que je te confère

et par celle que tu me prêtes,

 

A ton amour,

C’est ton regard qui m’a rendue désirable à nouveau.

 

 

 

 



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