|
4/1/2007 - des jours de nuit
Entre les flocons, l’ombre se joue de l’hiver,
Manteau de glace l’enlace mortel baisé,
Craquent flaquent gelées, chemins, ornières.
Aujourd’hui son fragile linceul vient poser.
Hier n’est plus, pourtant j’ai caressé ce rêve,
D’immortelles promesses, envolées aujourd’hui,
D’éternelles étreintes, de nuits sans trêve,
Tant de jours qu’il fait noir, le ciel pleure sans bruit.
L’ombre ploie, se déchire, se terre, respire enfin.
Sur mon fil, funambule, équilibre précaire,
J’efface sur mon front de la honte les embruns.
Un cœur en automne, belle saison en enfer,
Pavé de larmes, fleuri de capiteux parfums,
Le souffre a ce prix, une traversée de désert.
Gigi
Commentaires (2) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
30/12/2006 - mots d'hiver

Décembre va tourner la page, sans pourtant rien finir,
Le poids des mots est là, posé dessus mon âme,
Pas un mot n’a coulé, pas un son,
Pas une bribe de phrase n’a filtré de mes doigts,
Pas plus que de mes lèvres.
Tout est silence, l’hiver a mis les terres au repos,
Le bois s’est tu, seuls les labours résonnent
Du cri des corbeaux.
La petite chapelle au milieu des bosquets
Semble attendre, on ne sait quoi, on ne sait qui,
Qui donc y sèmerait de stériles prières ?
Pourtant, la dédicace est là, sur la page du cahier,
Celui où l’on peut dire qu’ici on est passé.
Une brise tiède ce soir s’est levée, pas le printemps encore,
Non, simplement une trêve, une éclaircie au milieu d’une saison.
Décembre va tourner la page,
Tout reste à écrire.
(cette dernière phrase ne m'appartient pas tout à fait,
l'avenir n'est pas écrit, dirait un certain, un ami incertain.)
Gigi
Meilleurs voeux à tous...
Commentaires (4) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
11/12/2006 - joyeux Noel
L’automne s’est éteint semble t’il,
Ses milles feux à terre désormais,
Aux filets, joyeux le babille,
L’hiver annoncé par les geais.
Fenêtres en habits Noël,
Yeux d’enfants reflets pépites,
Demi lunes parfum cannelle,
Caramels papilles invitent.
Chaque jour plus vite tombe la nuit,
Scintillante de milles lumières,
Au coin d’une rue un regard luit,
Dans ces yeux une seule prière
Là, mes mots deviennent mièvres.
C’est rue couloir de la mort,
Noël ici c’était hier,
Aujourd’hui s’acharne le sort.
Gigi
Commentaires (9) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
11/12/2006 - embruns

En creux plus hauts les flots gémissent,
Déferlantes maintenant au ventre lisse,
Violent dunes fragiles et fières,
La nuit s’étire, la lune éclaire.
Gronde le tonnerre, tempête présage,
A l’horizon sombres nuages,
Plaisir en vagues ourlées d’écume,
Embruns jetés en fine brume.
Impitoyable, parfait accord,
Eau devient feu au corps à corps,
Coulée de lave, fleuve brûlant,
Au fond des mers naît un volcan.
gigi
Commentaires (4) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
28/11/2006 - froid, mais si peu
Matin glacé, le café derrière la maison,
Première cigarette pensée qui s’envole,
Se laisser envelopper par le froid,
Juste la chaleur de la tasse dans la main,
Un peu comme quand le cœur a froid,
Et,
Qu’une parole douce,
Un geste,
Oh! trois fois rien, vient le réchauffer.
Le matin s’est envolé,
Il fait froid aussi ce soir,
Perdue,
Au milieu de nul part et nul part où aller,
Personne a qui parler, un peu SDF dans la pénombre,
Pourtant fait chaud chez moi,
Alors pourquoi ce frisson.
Gigi
Commentaires (3) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
23/11/2006 - des souhaits de Brel
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux
au réveil
Et des rires d'enfants.
je vous souhaite de résister à
l'enlisement,
A l'indifférence ,aux vertus négatives
de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous.
Brel.
Commentaires (2) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
19/11/2006 - Passion est ce amour ?

Passions, un grand jardin où fleurissent amours
Ayant pour noms Folies, Belles et Ephémères,
A peine nées, flétries, touffes de désolation,
Parterres vidés, nus à l’approche de l’hiver.
Passion, un éboulis en milieu de sente,
Chaque pierre, piège, équilibre précaire.
Parfaite l’illusion, glissante la pente,
En chemin incertain, l’instinct laisser faire.
Passion, ce jardin d’Eden, celui des rêves,
Paradis sans passé, sans quotidien, sans rien,
Si c’est là qu’est l’amour, futile notre Eve,
L’amour, ce vieux chêne, au feuillage qui revient,
Chaque printemps fête, chaque hiver trêve,
Cet amour la vieux sage, seul mon coeur retient.
Gigi
Commentaires (5) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
18/11/2006 - Mes enfants...

J’aimerais vous apprendre, mais donneur de leçons est il mon
rôle ?
N’ai je moi-même encore tant à apprendre ?
Et autre chose à donner.
Mère pleine de doutes, mais de tant de grâces,
Celles de votre indulgence.
Je vous regarde ébahie.
Tu enfanteras dans la douleur,
Celle qui engendre les plus grands bonheurs sans doute,
Les plus grandes craintes,
Celles qui glacent le sang.
J’aimerais vous porter le sel,
Celui né des marées, asséché par les vents, le soleil brûlant,
Celui né de la tolérance, de l’ouverture d’esprit,
Le sel de la vie,
Le courage d’affronter, vos peurs, vos erreurs,
L’imparfait que vous êtes et que vous serez.
Vous êtes partie de moi,
Partir est ce but vers lequel vous tendez,
Peut être sans trop le savoir encore,
Ouvrir vos ailes, voler seuls un jour,
Sans bagages autre que celui de savoir,
Vos actes vous appartiennent,
Et jamais sans conséquences.
Ne craignez pas de me décevoir,
Point de barre haut placée pour vous,
Ne compte que votre bonheur.
Alors volez, car je vous aime.
Gigi
Commentaires (4) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
16/11/2006 - Pardon inachevé

Pardon, pas celui qu’on implore,
Mais pardon de vouloir éclore,
Infiniment je regrette,
D’être celle à l’éternelle quête,
De n’être pas ce que vous auriez aimé que je sois,
J’aimerais avoir été ou pouvoir être autre que moi,
Ce soir je te dirai Vous, nécessaire distance
Entre ce Moi et Nous, entre mes errances,
Ce vous, et pavé d’infinie solitude, mon enfer.
Ce soir je te dirai vous, lasse de guerre.
Gigi
Commentaires (5) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
14/11/2006 - Décédé

Toutes ces tombes et ce silence,
Marbrés de tant d’indifférence,
Les graviers crissent sous mes pas,
C’est donc cela vie et trépas.
Tout n’est que mort, les tilleuls ont plus de vie que
ces ombres en pleurs, sur un sort qui n’est autre que leur,
Mais ils ne leurrent personne,
Engoncés dans leur noirceur,
Dans leurs oripeaux du Dimanche,
Déjà ils comptent le blé, celui qu’ils n’ont pas eu,
Qu’ils pourraient avoir en arrachant les dents
A cette pauvre vieille,
Dernière compagne d’un vieillard décrépis,
Qui aujourd’hui ci gît.
Il est mort le père qui vous donna la vie,
Pourtant un don honnête.
Il est mort un Jeudi,
N’avait plus toute sa tête, il valait mieux ainsi,
Mais il a bien vécu même s’il a mal fini.
Gigi
Commentaires (5) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
12/11/2006 - au clair de la lune

Au clair de ma plume par une nuit sans lune,
Un tapis de neige, un toit sans étoiles,
Quelques noirs nuages signent leur passage.
Au clair de ma plume, par une nuit sans lune,
Libérer sa peine, rougir la blancheur des premiers frimas,
Laisser doucement le froid dans les veines porter la
torpeur,
Partir sagement et trouver la paix, quitter la noirceur.
Au clair de la lune qui se lève enfin,
Partir doucement et les bras en croix,
Jusqu’à la dernière goutte sans goutter la haine,
Au clair de la vie ne plus être rien,
Renaître, plus jamais trop ou encore pas assez.
Gigi
Commentaires (5) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
10/11/2006 - apprivoisée

Les arbres se livrent, feuilles à feuilles, bras tendus.
Silence, tendre berceau d’une morte saison.
Sombrent les heures, l’âme en berne corps vendu,
Draps de soie pour l’autel, capiteux le parfum.
Sous les cendres la braise, ton souffle le feu,
Enfin plaine je suis, balayée par le vent,
Incendiaire passion, murmures amoureux,
Seuls au monde, faim au ventre et regards fervents.
Cité conquise, je goûte ta morsure,
Rendue Moi sous ton poids, me délivre et me noie,
Lisse et nue impudique, j’offre mes fêlures.
Plus d’autel, plus de soie, juste un gouffre sans voie,
Nul déni possible, bien plus que luxure,
A la coupe de tes mains sans crainte je bois.
Gigi
Commentaires (5) :: Donnez votre avis ! :: Voir le poème
7/11/2006 - le début ou la fin

Les mots ne viennent plus, et midi à ma porte
semble avoir figé l’encre, l’hiver s’apprête, sur le
rebord de la fenêtre le chat s’endort,
Les mots ne viennent plus, ne coulent que des |