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C'est l'histoire d'une nuit déjantée !
..... mais pas celle que vous imaginez !!
l'histoire d'une grande toile blanche
( ...blanche au début de la nuit )
et d'une jouissance finale
entre le crépuscule d'un samedi
et le début d'un beau dimanche....
c'est la belle histoire d'un poème écrit en quelques instants,
à l'aube d'un jour cloturant une nuit magique,
une nuit où j'ai osé soulever de ma chair le voile
une histoire qui m'aura donné un plaisir sans pareil.........

Peintre barbouilleur à mes heures, 
donnant des couleurs à mes élucubrations par le biais de grandes toiles abstraites, je peins et traduis en gestes brefs et simples tout ce qui me touche, tout ce que je ressens, quand durant la nuit je vis intérieurement la toile qu'au lendemain je vais commencer.
Je vibre, je vais me livrer corps et âme dans des formes "sans formes", des couleurs brutes et franches. Et quand la peinture projetée s'écrase sur le blanc acrylique, c'est toute ma vie qui explose:
mes amours, mes peines, mes amitiés, mes joies extrêmes, mes excès, mes ambitions... et aussi mes doutes, mon mal de vivre du moment.
Et je suis le roi du monde quand je trouve la courbe belle, et le noir profond, ou le plus petit des hommes, insignifiant et prétentieux quand le mélange des couleurs ne donne rien ou que le trait est faible et sans consistance.
Il y a quelques années, à un tournant important de ma vie, j'avais décidé de mettre en couleur tout ce que j'avais dans la tête et qui me brûlait à force de ne pouvoir l'exprimer.
J'ai repris les pinceaux, que je taquinais jusqu'alors de façon assez académique....
.....Et puis faute d'avoir mal à mes nuits, pas de temps à donner au temps, .....au fil des jours j’ai perdu l’envie.
Mais durant les long week-ends de printemps je vais ressortir enfin mes énormes pinceaux......
....difficile de se lacher devant un grand rectangle blanc, et plus difficile encore dans les formes abstraites. Dans ce que j'appelle mes anciennes croutes classiques je peignais les choses que je voyais en face de moi, natures mortes essentiellement, paysages, photos, ……….mais pour moi sans âme, sans force.
Quand je ne cherche pas à reproduire, quand je souhaite jeter sur la toile ce que je ressens, à l'intérieur, alors là c'est une "autre paire de manches" parce qu'il faut que la tache, le trait, le barbouillage me ressemble à l'instant précis. Quand les formes ne me plaisent pas d'emblée, j'enrage parce que je me trahis.
Par contre si une grande balafre bleue d'une demi seconde, est vive et nette dans le sens de mon humeur, alors la peinture m'apaise.
....et quand j'arrive à une succession de couleurs et de formes dans cet esprit, alors cette fois c'est du plaisir à l’état pur, la cerise sur le gâteau
....ma soupape de sécurité!
Alors cette fois j'ai décidé d'y aller avec mes tripes et en beaucoup plus grand : balais de tapissier, grosses brosses de plâtrier, brosses dures à rincer!.... et j'en passe !
...... visez l'tableau!
J'en avais rêvé, j'ai transpiré,
j'avais les couleurs dans ma tête depuis des jours.
Est-ce que mes mains sauraient être à la hauteur de mes coups de sang, mon geste serait-il suffisemment vif !?
Cette nuit là .......j'ai recommencé à peindre et au matin j'avais aussi écris ces quelques lignes:
" NOIRE BALAFRE "
Brut écru d'acrylique blanchi,
Vestiges en fond de nuances grisées
Par trop d'années assoupies,
Passion délaissée
Juste endormie
Réveil d'un soir
En zébrures bleues de lumière profonde,
Noire balafre puissante et vive,
Et juste pour voir,
Plaisir furtif, choc de l'onde,
Larme rouge qui ravive,
S'épanche et s'écrase
Tache écarlate projetée,
Moment d'extase,
Sublime vertige par le noir absorbé
Carapace veloutée
Pour intérieur qui fusionne,
Entre deux journées, clarté
J'exulte, je donne.
Pour un instant passionné,
Un laps de temps, une pose,
Je transpire, j'explose
De tensions éclatées,
Gestes tranchés et libres
Tendu mais serein
Je jouis,
Je vibre,
... Je peins!
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