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NhandéplaiZ !

26.12.2007 - Mise à jour

Bonjour,

Je ne savais pas que ce blog était toujours accessible. En tout cas, merci d'y passer de temps en temps...

Depuis que je ne l'alimente plus, j'ai semé mes mots sur d'autres terrains de la blogosphère, ainsi il y a eu quelques publications sur http://delencre.canalblog.com/ puis à présent j'écris sur http://www.dessaimsdemots.canalblog.com/

En vous souhaitant bonne lecture,

NH

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19.12.2006 - LES DAMES DE PASSY

 

 

Juste à l’entrée du Plazza,

J’ai posé mon postérieur,

Mon bâtard et mon barda,

Un espoir vissé au cœur :

Que mon crincrin, aujourd’hui,

Honore bien les standards,

Car les Dames de Passy

N’aiment pas trop les canards !

 

Si je veux que ma sébile

Se rassasie de kopecks,

Ce n’est pas très difficile :

Pas d’Hendrix, pas de Jeff Beck,

Au placard Trust et Bowie,

Au diable le vitriol,

Car les Dames de Passy

N’aiment pas le rock’n’roll !

 

Tous ces tympans bien trop chastes

Qui vont et viennent par là,

Je crois, seraient enthousiastes

S’ils avaient de l’opéra.

Mais comment ? Pavarotti,

Ma voix rauque s’y oppose !

Et les Dames de Passy

S’occupent à d’autres choses…

 

Leur vraie générosité

Fait la joie des commerçants ;

Elles prennent sans compter

Des présents pour leurs enfants.

Je peux gratter sans répit,

Noël n’y changera rien,

Ou ces Dames de Passy

Ont vraiment peur de mon chien !

 

 

 

 

 

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19.12.2006 - LE DESSIN DE LÉA

 

 

De sa petite main mal assurée,

Elle fait glisser, là, sur le papier,

Tous ses crayons de couleurs…

 

Le bleu trace un grand ciel.

Le jaune, un franc soleil,

Le blanc, quelques nuages,

Le rose, une maison,

Le vert, un beau sapin,

L’orange, des guirlandes,

Et le rouge, un joli manteau

Au vieux barbu sur son traîneau.

 

Puis, dans le ciel, elle met un bonhomme ;

Elle dit : « c’est papa qui fait un petit somme...

Dis maman, pourquoi tu pleures ? »

 

 

 

 

 

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19.12.2006 - FAUX PRÉTEXTE

 

 

D’un œil, ruisselle l’eau

En rivière salée ;

Vogue, vogue un radeau

Qu’on appelle chagrin.

 

La lumière du jour

Vient s’y emprisonner ;

Sur la joue, elle court,

Mais bientôt une main,

 

Semblable à une éponge,

D’un geste répété,

Accompagne un mensonge

(« C’est le rhume des foins ! »).

 

L’éponge absorbe l’eau ;

Il ne faut rien laisser

Paraître de ses maux 

(« Vous en êtes témoins,

 

Les arbres sont en fleurs.

Le pollen envolé

Dans l’air me met en pleurs ! ») :

Défaut bien masculin !

 

 

 

 

 

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19.12.2006 - HUILES ESSENTIELLES

 

 

Bulles de savon,

Ecume bienfaitrice,

Exquis abandon

A la douceur complice

De l’eau dorlotant

Une peau éreintée,

Vapeurs endormant

La noirceur des pensées…

 

Le jour disparaît,

Mais les heures sont belles 

Quand le corps se repaît

D’huiles essentielles.

 

 

 

 

 

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16.12.2006 - MON AMI DE PASSAGE

 

 

Il a honoré son rendez-vous annuel,

Avec sans doute un peu de retard, mais qu’importe,

Nul ne peut le contraindre à être ponctuel !

Décembre, il faut enfin que tu te réconfortes.

 

Il n’est pas du matin, mon ami de passage

Qui ordonne à la nuit de repousser l’aurore ;

Celle-ci s’exécute, obéissante et sage !

« Il est là ! Il est là ! » jubile une ellébore.

 

Son teint marmoréen, son visage blafard,

N’ont rien perdu de leur légendaire froideur,

Même si, quelque fois, l’azur franc de son fard

Laisse entrevoir le feu d’un soleil enchanteur.

 

Ses détracteurs le disent austère et barbare,

Lui, qui sans états d’âme, dénude les branches,

Arrache bien des fleurs, qu’il enterre ou égare

Pour que les yeux n’admirent que sa robe blanche !

 

Vous qui le haïssez, écoutez-le parler

Le langage du vent, qu’il enseigne aux sapins ;

Bienheureux, êtes-vous, il les a épargnés,

De peur que vos guirlandes n’aient trop de chagrin !

 

 

 

 

 

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16.12.2006 - DIXIT GRÉCO

 

 

Je mange du rognon

Au petit-déjeuner,

Si je veux !

Je dévore un poivron

A l’heure du goûter,

Si je veux !

Je ne le bois ni long,

Ni bouillant, mon café,

Si je veux !

Je porte du nylon,

Même du bon marché,

Si je veux !

Je couds sur mon blouson

Une effigie du Che,

Si je veux !

Et mon vieux pantalon,

Je m’en vais le laver

Quand je veux !

 

Qu’ai-je dis de honteux ?

Pourquoi donc ces yeux levés vers le haut ?

N’est pas parfait qui veut !

« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…

 

J’écoute Muse à fond,

Noyé dans ma fumée,

Si je veux !

Je mets dans ma chanson

Quinze mots inventés,

Si je veux !

J’éteins le Téléthon

Pour sortir m’amuser,

Si je veux !

Je dis tous les jurons

Qu’il me plaît d’éructer,

Si je veux !

Vos risibles leçons,

Je m’en fais des fusées,

Si je veux !

Dans mon petit salon,

Je m’en vais paresser

Quand je veux !

 

Qu’ai-je dis de honteux ?

Pourquoi donc ces yeux levés vers le haut ?

N’est pas parfait qui veut !

« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…

 

On me dit : « tu devrais

Laisser tomber les rimes ! »…

Sidérant !

On me dit : « gros benêt,

Tes mots, c’est de la frime ! »…

Atterrant !

On me dit : « tu ferais

Mieux de suivre un régime ! »…

Affligeant !

On me dit : « bois du lait !

Le vin, tu le supprimes ! »…

Consternant !

On me répète : « essaie

De courir, tu t’abîmes ! »…

Ecœurant !

On me soutient : « tu sais,

L’effort n’est pas un crime ! »…

Oui maman !

 

Ah oui ? C’est scandaleux

D’être aussi teigneux ? Je le crie bien haut :

JE FAIS CE QUE JE VEUX !

« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…

 

 

 

 

 

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14.12.2006 - BAISER DE FEU

 

 

 

La peau lisse et soyeuse

De tes lèvres moelleuses,

Humectée de désir,

Ne veut plus s’abstenir ;

 

D’une étreinte fragile,

Timide mais habile,

Elle vient se sceller

A la mienne apprêtée.

 

Nos élans se conjuguent

Au temps des impatiences

Trop longtemps retenues.

Et, tout comme une fugue,

Le train que tu me lances,

Tout d’abord, évolue

En douceur,

Avant de détaler, sans pudeur,

 

A travers les vallées

De ma gorge, embrasées

Par le souffle indocile

De ta fougue virile !

 

Brûle-moi à loisir,

Ne laisse pas tiédir

La fièvre liquoreuse

De ta langue écumeuse !

 

 

 

 

 

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14.12.2006 - LES ILLUMINATIONS

 

 

La rue est un fier Arbre de Noël

Aveuglant les yeux béats du monde.

L’on y voit se presser tout le cheptel

Du grand roi Euro ;

Brebis et agneaux

Répondent à l’appel du berger !

 

Il souffle comme un vent d’indécences ;

Les illuminations s’en balancent…

 

La rue est un fier Arbre de Noël

Allongé sur les drames du monde.

Elle s’est parée de mille étincelles,

Beautés superflues

Qui cachent la vue

Sur le dénuement des oubliés !

 

Il souffle comme un vent d’indécences ;

Les illuminations s’en balancent…

 

La rue est un fier Arbre de Noël

Affalé sur l’agonie du monde.

Ses feux évincent l’air pestilentiel

Du ciel en déroute

De Bagdad, Beyrouth…

Et l’indifférence est son alliée !

 

Il souffle comme un vent d’indécences ;

Les illuminations s’en balancent…

 

 

 

 

 

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14.12.2006 - LES AÉROPORTS DE L'OCCIDENT

 

 

Dans une ville défigurée,

Par les escarres presque incurables

Que la démence d’une poignée

De chacals et de loups redoutables

Corrode encore,

L’on chemine, la peur attelée

A ses tripes d’homme famélique…

Mais comment faire pour s’envoler,

Déserter ce mouroir méphitique,

Gagner le Nord… ?

 

Les aéroports de l'occident

Résonnent des sanglots déchirants

Des bannis sans permis de beaux jours,

Des meurtris sans permis de séjour…

 

Les baraquements amoncelés

Dans ces nouveaux quartiers de fortune

Abritent le sel des écartés,

Ceux qui ne verront jamais la lune

Que comme un astre !

Mais combien coûte la vérité,

Pour qu’on laisse saigner des enfants ?

Et comment faire pour s’évader,

Toucher des horizons plus cléments,

Fuir le désastre… ?

 

Les aéroports de l'occident

Résonnent des sanglots déchirants

Des bannis sans permis de beaux jours,

Des meurtris sans permis de séjour…

 

 

 

 

 

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14.12.2006 - DEVANT LA PORTE D'EVA

 

 

Maudit soit le judas

Serti dans le vantail

De la porte d’Eva !

C’est un fâcheux détail

Qui a son importance…

 

Oh ! Quel joli bouquet

Que tu lui portes là,

Mais tout le monde sait

Que seuls les forsythias

Ont ses faveurs ! J’y pense :

 

Si tu gardes le doigt

Ainsi, sur la lentille,

Attends-toi, cher Benoît,

A ce que tes pupilles

N’aient pas la moindre chance

 

D’entrevoir les murs blancs

De son appartement !

Mademoiselle Eva

Sache-le, n’ouvre pas

Aux invités mystères

Qui se cachent derrière

Un pouce, quels qu’ils soient,

Plombiers, facteurs ou toi !

 

Quoique, si tu l’ôtais,

Ton doigt, en reluquant

Ton air de grand benêt

Par le trou, sûrement

Qu’elle refuserait

Définitivement

Jusqu’à tes beaux œillets !

 

De nos jours, les nubiles

Sont des plus vétilleuses,

Et demeurent hostiles

Aux faces boutonneuses

Bouffies d’outrecuidance !

 

Comme elles, elle se terre,

Elle se barricade,

Paranoïaque, altière,

Méprisant sérénades,

Fleurs, fanfares et stances !

 

Maudit soit le judas

Serti dans le vantail

De la porte d’Eva !

C’est un fâcheux détail

Qui a son importance…

 

 

 

 

 

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1.12.2006 - L’AUTOMNE ÉTAIT BLEU

 

 

Une ruelle tranquille

Loin de l’agitation du Graben,

Ton sourire juvénile,

Quelques façades couleur pollen…

 

Et le bleu d’un ciel d’automne.

 

Dis, crois-tu qu’ils s’en souviennent,

Ces murs, de Wolfgang Amadeus ?

J’aime ta main dans la mienne ;

Sa chaleur est de loin la plus douce…

 

Plus que le bleu de l’automne

 

Une madone viennoise

Tourne comme une valse infinie :

Fräulein Riesenrad nous toise,

Ballottant ses cabines rubis

 

Dans le bleu d’un ciel d’automne.

 

Au sommet d’une colline,

Une Gloriette, au vent danubien,

D’où notre bonheur domine

Celui de n’importe quel terrien,

 

Sous le bleu d’un ciel d’automne...

 

Les jours se suivent et filent.

Stephansdom voudrait nous retenir

A ses pieds, dans cette ville

D’où il nous faut, tôt ou tard, partir.

 

Après le bleu de l’automne,

 

Vient l’ultime crépuscule,

Qui, bien trop vite, à Schwechat nous mène.

Mais ce n’est qu’une virgule

Avant notre escapade romaine !

 

 

 

 

 

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