19.12.2006 - LES DAMES DE PASSY

Juste à l’entrée du Plazza,
J’ai posé mon postérieur,
Mon bâtard et mon barda,
Un espoir vissé au cœur :
Que mon crincrin, aujourd’hui,
Honore bien les standards,
Car les Dames de Passy
N’aiment pas trop les canards !
Si je veux que ma sébile
Se rassasie de kopecks,
Ce n’est pas très difficile :
Pas d’Hendrix, pas de Jeff Beck,
Au placard Trust et Bowie,
Au diable le vitriol,
Car les Dames de Passy
N’aiment pas le rock’n’roll !
Tous ces tympans bien trop chastes
Qui vont et viennent par là,
Je crois, seraient enthousiastes
S’ils avaient de l’opéra.
Mais comment ? Pavarotti,
Ma voix rauque s’y oppose !
Et les Dames de Passy
S’occupent à d’autres choses…
Leur vraie générosité
Fait la joie des commerçants ;
Elles prennent sans compter
Des présents pour leurs enfants.
Je peux gratter sans répit,
Noël n’y changera rien,
Ou ces Dames de Passy
Ont vraiment peur de mon chien !
 
|
|
Commentaires (5) :: Commentez ! :: Voir
|
19.12.2006 - LE DESSIN DE LÉA

De sa petite main mal assurée,
Elle fait glisser, là, sur le papier,
Tous ses crayons de couleurs…
Le bleu trace un grand ciel.
Le jaune, un franc soleil,
Le blanc, quelques nuages,
Le rose, une maison,
Le vert, un beau sapin,
L’orange, des guirlandes,
Et le rouge, un joli manteau
Au vieux barbu sur son traîneau.
Puis, dans le ciel, elle met un bonhomme ;
Elle dit : « c’est papa qui fait un petit somme...
Dis maman, pourquoi tu pleures ? »
 
|
|
Commentaires (3) :: Commentez ! :: Voir
|
19.12.2006 - FAUX PRÉTEXTE

D’un œil, ruisselle l’eau
En rivière salée ;
Vogue, vogue un radeau
Qu’on appelle chagrin.
La lumière du jour
Vient s’y emprisonner ;
Sur la joue, elle court,
Mais bientôt une main,
Semblable à une éponge,
D’un geste répété,
Accompagne un mensonge
(« C’est le rhume des foins ! »).
L’éponge absorbe l’eau ;
Il ne faut rien laisser
Paraître de ses maux
(« Vous en êtes témoins,
Les arbres sont en fleurs.
Le pollen envolé
Dans l’air me met en pleurs ! ») :
Défaut bien masculin !
 
|
|
Commentaires (3) :: Commentez ! :: Voir
|
19.12.2006 - HUILES ESSENTIELLES

Bulles de savon,
Ecume bienfaitrice,
Exquis abandon
A la douceur complice
De l’eau dorlotant
Une peau éreintée,
Vapeurs endormant
La noirceur des pensées…
Le jour disparaît,
Mais les heures sont belles
Quand le corps se repaît
D’huiles essentielles.
 
|
|
Commentaires (3) :: Commentez ! :: Voir
|
16.12.2006 - MON AMI DE PASSAGE

Il a honoré son rendez-vous annuel,
Avec sans doute un peu de retard, mais qu’importe,
Nul ne peut le contraindre à être ponctuel !
Décembre, il faut enfin que tu te réconfortes.
Il n’est pas du matin, mon ami de passage
Qui ordonne à la nuit de repousser l’aurore ;
Celle-ci s’exécute, obéissante et sage !
« Il est là ! Il est là ! » jubile une ellébore.
Son teint marmoréen, son visage blafard,
N’ont rien perdu de leur légendaire froideur,
Même si, quelque fois, l’azur franc de son fard
Laisse entrevoir le feu d’un soleil enchanteur.
Ses détracteurs le disent austère et barbare,
Lui, qui sans états d’âme, dénude les branches,
Arrache bien des fleurs, qu’il enterre ou égare
Pour que les yeux n’admirent que sa robe blanche !
Vous qui le haïssez, écoutez-le parler
Le langage du vent, qu’il enseigne aux sapins ;
Bienheureux, êtes-vous, il les a épargnés,
De peur que vos guirlandes n’aient trop de chagrin !
 
|
|
Commentaires (7) :: Commentez ! :: Voir
|
16.12.2006 - DIXIT GRÉCO

Je mange du rognon
Au petit-déjeuner,
Si je veux !
Je dévore un poivron
A l’heure du goûter,
Si je veux !
Je ne le bois ni long,
Ni bouillant, mon café,
Si je veux !
Je porte du nylon,
Même du bon marché,
Si je veux !
Je couds sur mon blouson
Une effigie du Che,
Si je veux !
Et mon vieux pantalon,
Je m’en vais le laver
Quand je veux !
Qu’ai-je dis de honteux ?
Pourquoi donc ces yeux levés vers le haut ?
N’est pas parfait qui veut !
« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…
J’écoute Muse à fond,
Noyé dans ma fumée,
Si je veux !
Je mets dans ma chanson
Quinze mots inventés,
Si je veux !
J’éteins le Téléthon
Pour sortir m’amuser,
Si je veux !
Je dis tous les jurons
Qu’il me plaît d’éructer,
Si je veux !
Vos risibles leçons,
Je m’en fais des fusées,
Si je veux !
Dans mon petit salon,
Je m’en vais paresser
Quand je veux !
Qu’ai-je dis de honteux ?
Pourquoi donc ces yeux levés vers le haut ?
N’est pas parfait qui veut !
« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…
On me dit : « tu devrais
Laisser tomber les rimes ! »…
Sidérant !
On me dit : « gros benêt,
Tes mots, c’est de la frime ! »…
Atterrant !
On me dit : « tu ferais
Mieux de suivre un régime ! »…
Affligeant !
On me dit : « bois du lait !
Le vin, tu le supprimes ! »…
Consternant !
On me répète : « essaie
De courir, tu t’abîmes ! »…
Ecœurant !
On me soutient : « tu sais,
L’effort n’est pas un crime ! »…
Oui maman !
Ah oui ? C’est scandaleux
D’être aussi teigneux ? Je le crie bien haut :
JE FAIS CE QUE JE VEUX !
« Je suis comme je suis ! » dixit Gréco…
 
|
|
Commentaires (5) :: Commentez ! :: Voir
|
14.12.2006 - BAISER DE FEU

La peau lisse et soyeuse
De tes lèvres moelleuses,
Humectée de désir,
Ne veut plus s’abstenir ;
D’une étreinte fragile,
Timide mais habile,
Elle vient se sceller
A la mienne apprêtée.
Nos élans se conjuguent
Au temps des impatiences
Trop longtemps retenues.
Et, tout comme une fugue,
Le train que tu me lances,
Tout d’abord, évolue
En douceur,
Avant de détaler, sans pudeur,
A travers les vallées
De ma gorge, embrasées
Par le souffle indocile
De ta fougue virile !
Brûle-moi à loisir,
Ne laisse pas tiédir
La fièvre liquoreuse
De ta langue écumeuse !
 
|
|
Commentaires (3) :: Commentez ! :: Voir
|
14.12.2006 - LES ILLUMINATIONS

La rue est un fier Arbre de Noël
Aveuglant les yeux béats du monde.
L’on y voit se presser tout le cheptel
Du grand roi Euro ;
Brebis et agneaux
Répondent à l’appel du berger !
Il souffle comme un vent d’indécences ;
Les illuminations s’en balancent…
La rue est un fier Arbre de Noël
Allongé sur les drames du monde.
Elle s’est parée de mille étincelles,
Beautés superflues
Qui cachent la vue
Sur le dénuement des oubliés !
Il souffle comme un vent d’indécences ;
Les illuminations s’en balancent…
La rue est un fier Arbre de Noël
Affalé sur l’agonie du monde.
Ses feux évincent l’air pestilentiel
Du ciel en déroute
De Bagdad, Beyrouth…
Et l’indifférence est son alliée !
Il souffle comme un vent d’indécences ;
Les illuminations s’en balancent…
 
|
|
Commentaires (3) :: Commentez ! :: Voir
|
14.12.2006 - LES AÉROPORTS DE L'OCCIDENT

Dans une ville défigurée,
Par les escarres presque incurables
Que la démence d’une poignée
De chacals et de loups redoutables
Corrode encore,
L’on chemine, la peur attelée
A ses tripes d’homme famélique…
Mais comment faire pour s’envoler,
Déserter ce mouroir méphitique,
Gagner le Nord… ?
Les aéroports de l'occident
Résonnent des sanglots déchirants
Des bannis sans permis de beaux jours,
Des meurtris sans permis de séjour…
Les baraquements amoncelés
Dans ces nouveaux quartiers de fortune
Abritent le sel des écartés,
Ceux qui ne verront jamais la lune
Que comme un astre !
Mais combien coûte la vérité,
Pour qu’on laisse saigner des enfants ?
Et comment faire pour s’évader,
Toucher des horizons plus cléments,
Fuir le désastre… ?
Les aéroports de l'occident
Résonnent des sanglots déchirants
Des bannis sans permis de beaux jours,
Des meurtris sans permis de séjour…
 
|
|
Commentaires (0) :: Commentez ! :: Voir
|
14.12.2006 - DEVANT LA PORTE D'EVA

Maudit soit le judas
Serti dans le vantail
De la porte d’Eva !
C’est un fâcheux détail
Qui a son importance…
Oh ! Quel joli bouquet
Que tu lui portes là,
Mais tout le monde sait
Que seuls les forsythias
Ont ses faveurs ! J’y pense :
Si tu gardes le doigt
Ainsi, sur la lentille,
Attends-toi, cher Benoît,
A ce que tes pupilles
N’aient pas la moindre chance
D’entrevoir les murs blancs
De son appartement !
Mademoiselle Eva
Sache-le, n’ouvre pas
Aux invités mystères
Qui se cachent derrière
Un pouce, quels qu’ils soient,
Plombiers, facteurs ou toi !
Quoique, si tu l’ôtais,
Ton doigt, en reluquant
Ton air de grand benêt
Par le trou, sûrement
Qu’elle refuserait
Définitivement
Jusqu’à tes beaux œillets !
De nos jours, les nubiles
Sont des plus vétilleuses,
Et demeurent hostiles
Aux faces boutonneuses
Bouffies d’outrecuidance !
Comme elles, elle se terre,
Elle se barricade,
Paranoïaque, altière,
Méprisant sérénades,
Fleurs, fanfares et stances !
Maudit soit le judas
Serti dans le vantail
De la porte d’Eva !
C’est un fâcheux détail
Qui a son importance…
 
|
|
Commentaires (2) :: Commentez ! :: Voir
|
1.12.2006 - L’AUTOMNE ÉTAIT BLEU

Une ruelle tranquille
Loin de l’agitation du Graben,
Ton sourire juvénile,
Quelques façades couleur pollen…
Et le bleu d’un ciel d’automne.
Dis, crois-tu qu’ils s’en souviennent,
Ces murs, de Wolfgang Amadeus ?
– J’aime ta main dans la mienne ;
Sa chaleur est de loin la plus douce…
Plus que le bleu de l’automne –
Une madone viennoise
Tourne comme une valse infinie :
Fräulein Riesenrad nous toise,
Ballottant ses cabines rubis
Dans le bleu d’un ciel d’automne.
Au sommet d’une colline,
Une Gloriette, au vent danubien,
D’où notre bonheur domine
Celui de n’importe quel terrien,
Sous le bleu d’un ciel d’automne...
Les jours se suivent et filent.
Stephansdom voudrait nous retenir
A ses pieds, dans cette ville
D’où il nous faut, tôt ou tard, partir.
Après le bleu de l’automne,
Vient l’ultime crépuscule,
Qui, bien trop vite, à Schwechat nous mène.
Mais ce n’est qu’une virgule
Avant notre escapade romaine !
 
|
|
Commentaires (2) :: Commentez ! :: Voir
|
|
A propos de moi
Voir
• Accueil
• Voir mon profill
• Archives
• Me contacter
|