Cité phocéenne
Un jour de juillet,
Soleil au zénith…
Les yeux étoilés de rêves,
Il pose le pied sur le quai,
Ameur.
Poches perforées
Mais sourire aux lèvres,
Sac en bandoulière,
Le cœur gonflé de promesses,
Il remonte la Canebière,
Ameur.
Que Marianne est délicieuse !
Le basané se réjouit,
Il trouve l’air déjà plus respirable
De ce côté
De la Méditerranée.
Dans les quartiers nord,
Une vieille tante,
Un quart d’une chambre
Dans une tour de béton…
Il respire l’air de la France,
Ameur.
Boîtes d’intérim :
De déménageur
À monteur de charge,
Tous les métiers sont à prendre !
Il y laisse son énergie,
Ameur.
Que Marianne n’est pas tendre !
Le basané se désabuse,
Il trouve l’air un peu moins respirable
Sous le ciel bleu
Du port de la liberté.
Nostalgie féroce ;
Si lointains le bled,
Famille et amis…
Bafoués rêves d‘antan :
Il croyait marcher moins courbé,
Ameur.
Dans certains yeux, lire
Qu’il ne restera
Qu’un simple allochtone,
Une mouche dans la soupe,
Met de la pollution dans l’air
D’Ameur !
Que Marianne était jolie,
Vue de sa natale Annaba !
Quelqu’un lui a dit : «aime-là ou pars»,
Mais ce quelqu’un
N’a rien compris à l’histoire !
Cité phocéenne,
Un jour de mistral,
Seul sur la Corniche…
Mille questions le taraudent ;
Il faut qu’il aère son air,
Ameur.

