Une averse laissa traîner
Quelques flaques disséminées ;
Mes orteils voulant respirer,
Se rafraîchir, se reposer,
Je plongeai les pieds dans l’eau brune
D’une baignoire de fortune,
Et attendis que Dame Lune
Montât retrouver sa tribune.
Mais le jour n’en finissait plus
De faire resplendir les nues !
Car juillet, du haut de sa grue,
Portait un soleil absolu ;
Que je hais les jours prolongés !
Dans ma flaque tiède et troublée,
Vinrent des sangsues culottées
Sur ma peau, pour se sustenter ;
Je les déclouai une à une
Ces aspireuses importunes,
Sans vitupérer, sans rancune,
Tout en dévorant quelques prunes.
Bientôt, l’astre d’or disparût
Dans le gris d’un ciel devenu
Dense de pluie, touffu, barbu…
Le tonnerre fit du raffut !
Une autre averse s’épancha.
Je dus renfiler mes Fila,
Me lever, m’éloigner de là.
Hélas, le déluge dura,
Et à onze heures, toujours pas
De feux dans le ciel d’Étretat !

