Au bord d’un gouffre béant,
Le désamour se profile ;
L’azur du ciel, dissident,
Boit des nuages hostiles,
Avant d’aller estiver
Loin de nos âmes cassées.
Au pied des collines grises
Que l’orage a défoliées,
Notre aujourd’hui, dans la brise ;
Sa mort déjà programmée
Met de l’automne à nos yeux ;
Je me sens l’âme d’un vieux.
Au plus fort de la tempête,
Le voilier s’est démâté.
Le hurlement des mouettes
Nous reprend l’éternité.
Nos pas chancelants amorcent
Leur imparable divorce.
Au bord d’un gouffre béant,
Nous voyons s’anéantir
Tous les splendides printemps,
Devenus des souvenirs
À jamais enracinés
Dans nos deux âmes cassées.

