Des accords mineurs, étranglés,
S’évaporent
De la caisse de résonance,
Épousant à merveille
La moindre goutte de pluie ;
Le ciel n’a plus cessé de pleurer depuis…
Depuis si longtemps que tu ne t’en souviens pas !
Tes doigts, las et mous,
Grattent mécaniquement,
Sans ardeur,
Sans passion,
Ces cordes désaccordées ;
Et ta voix déraille sur l’air des jours sans…
Les amours ne font que passer,
S’évaporent
Au gré des saisons ou des danses ;
Les cœurs se dépareillent,
Changent d’attache ou d’appui ;
Et les dents s’en vont croquer dans d’autres fruits.
Faudrait-il envoyer la clé du cadenas
Moisir au fond d’un trou,
Pour être sûr que le vent
Plein d’ardeur,
De passion,
Ne puisse pas l’emporter,
Pour être sûr d’évincer l’air des jours sans ?

