La moiteur des corps qui s’échangent,
Imbibe coton et dentelle
De vice et de dépravation ;
Maintes nudités se mélangent,
Mille odeurs copulent entre elles ;
Les sens entrent en éruption.
Ma caméra infrarouge
Ne rate rien de la scène,
Mitraille tout ce qui bouge...
Elle se nomme "Sans Gène" !
L’obscurité camoufle bien
Les visages des libertines
Qui fusillent les interdits.
L’on n’entend que râles de chiens
Et longs miaulements de félines
Dans cette boîte d’avilis.
Ma caméra infrarouge,
De son œil de nyctalope,
Mitraille tout ce qui bouge,
Plus curieux qu’un périscope.
Il la sait aux mains d’inconnus ;
Elle l’imagine à côté,
Honorant deux ou trois rivales,
Pendant que la ville, au-dessus,
Court et roule sans se douter
De leurs étreintes immorales.
Ma caméra infrarouge
Ne rate rien de la scène,
Mitraille tout ce qui bouge...
Elle se nomme "Sans Gène" !

