7.6.2006 - LA ROSE FANÉE

D’une voix inaudible,
A peine perceptible,
Noyée dans le bourdonnement
Des guitares repus de vent,
Tu chuchotes des cris
D’amour que tu plagies.
A qui donc s’adressent ces mots
Auxquels tu ne crois plus ?
A quoi donc riment ces sirops
Pour icônes déchues ?
Les paroles niaiseuses,
Les intros racoleuses,
Sont devenues monnaie courante
Chez les reines du Top 50 ;
Mamie, reconnais-le,
Tu sais jouer le jeu
De la rockeuse opportuniste
Qui troque ses gueulantes
Contre des plaintes conformistes,
Et des valses trop lentes !
Visage surlifté,
Babines surgonflées,
Tu tapines sur le trottoir
De ce système péremptoire.
Star en mal de succès
Cumulant les excès,
Ce rôle de composition
Te fait perdre le nord.
La nouvelle génération
Absorbe tes accords !
Toi, la sexagénaire,
L’ex-idole incendiaire,
Souviens-toi de ce mois de mai,
Quand, sur scène tu martelais :
«Le monde doit changer,
Libérons Liberté !»
Il soufflait comme une tempête…
Mais le temps a passé,
68 est aux oubliettes,
Le mordant t’a quittée !
 
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