16.8.2006 - LE NOVICE PERDANT

Vous voici Maxence près de conclure :
Ne serait-elle pas la solution idoine
A la longue errance qui vous torture ?
Soyez plus courageux, ou bien faites-vous moine !
Vous rappelez-vous la douce Eugénie,
Et comment sottement vous manquâtes le coche ?
Vous fûtes bien fou d’avoir consenti
A ranger votre audace au fond de votre poche !
Alors cette fois, n’écoutez pas trop
Votre sage raison vous dicter son vouloir !
Le cœur a ses droits. Levez l’embargo
Qui frustre ses desseins : montrez-lui l’abreuvoir !
Le verbe vous vient, le geste s’affine,
Votre timidité s’étiole peu à peu.
Vous étiez païen, la foi vous avine.
Sans en être consciente, elle se prend au jeu…
N’allez pas non plus discourir sans fin,
Vous n’êtes pas un livre ouvert qu’elle dévore.
Est-il si ardu de prendre un chemin
Plus direct et moins long ? Qu’est donc tout ce folklore !
Que sont ces rajouts pendants à vos mots,
Et pourquoi embellir chacune de vos phrases
De tant de bijoux ? Vous jouez au sot
Qui croit impressionner en pétant tout son gaz !
Votre rhétorique grandiloquente
Agit sournoisement sur cette pauvre Isilde
Tel un narcotique, et la pétulante
Se gondole d’ennui, n’est bientôt plus qu’un tilde…
Le tilde est couché, rien de surprenant !
Mais la lettre qu’il coiffe de ses courbes molles
N’est qu’un canapé, un banal divan ;
La belle est désormais repue de vos paroles…
Voyez-vous, Maxence, votre descente
Vers l’échec est le fruit de votre maladresse,
Votre inexpérience ! Et la ravissante,
Qui n’a rien d’une idiote, à présent, vous délaisse
Pour une autre danse avec le beau Grant !
 
|