18.8.2006 - DES POULES ET DES LOUPS

A la sortie de la ville,
Après la Porte Maillot,
Le bois semble si tranquille
Sous l’immense chapiteau
Qui s’étoile au crépuscule.
La Maryse et la Chantal
Sont arrivées en métro,
Parées comme pour un bal.
Lune, depuis son halo,
Observe les noctambules.
Les deux poules s’aventurent
Sous les ifs et les bouleaux.
La concurrence s’assure
D’avoir sa part du gâteau
(D’autres poules déambulent).
Ces petits chaperons rouges
Des temps modernes, bientôt,
Visent chaque ombre qui bouge :
Là, d’étranges animaux,
De tous les coins, se bousculent.
Le chaperon, dans le conte,
Etait pur et sans défauts.
Ceux d’ici, rouges de honte,
S’adonnent à leur boulot,
Affaissés sur leurs rotules :
La Maryse et la Chantal
Livrent rectos et versos
Aux loups de la capitale,
Contre des billets d’euros
Qui, sous leurs seins, s’accumulent.
A la sortie de la ville,
Après la Porte Maillot,
Le bois semble si tranquille…
On le croirait, mais c’est faux,
Car tout un monde y copule !
 
|