21.8.2006 - DES MOTS... DES LANGUES...

Des mots qui chantent l’innocence :
C’est la première décennie
De ces jeunes vies qui commencent.
Des langues pendues aux emplettes
Que s’en va faire la Barbie,
L’amie de nombre de fillettes,
Des mots qui beuglent la vigueur,
L’éveil et la témérité,
Qui fusent avec impudeur,
Des langues musclées, increvables,
Qu’un seul arrive à désarmer :
Morphée, dresseur de petits diables.
Des mots qui posent des questions
Aussi anodines que fines,
Qui parlent sans saturation,
Des langues exhibitionnistes,
Féminines et masculines…
Le spectacle n’est jamais triste !
Des mots qui mordent quand il faut,
Et savent être des heurtoirs
Qui vous feraient chuter de haut,
Des langues noyées d’insolence,
Plus qu’on ne peut le concevoir,
Car c’est aussi cela l’enfance…
Si vous croyez l’exception rare,
Vous vous méprenez niaisement !
On peut connaître le cafard,
La solitude et l’oppression
Quand on n’a que six ou huit ans ;
Certains en perdent l’expression…
Il est parfois des mots qui pleurent
Dans le silence d’un secret
Qu’entoure une sourde douleur.
Il est des langues sans salive,
Châtiées, brimées jusqu’à l’excès
Par des adultes en dérive…
Je me souviens de mon enfance,
Des mots qui manquaient à ma langue,
Des bleus sur ma peau, de l’errance,
Du monde que j’ai fabriqué
Pour ne pas crever d’être exsangue,
De ces années qu’on m’a fumées…
J’aimerais pouvoir oublier.
 
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