24.8.2006 - QUAND J’ÉTAIS VIEUX

Les gens parlaient toujours trop fort,
N’avaient pas le chic en photo
Dans leurs salons de matamores
Où ne brillaient que leurs défauts.
Le long des rues traînaient des loups,
Ces fils de rien qu’on aurait dû
Serrer fort dans de bon écrous ;
La société s’était perdue,
Quand j’étais vieux !
La jeunesse ne savait vivre
Que pour sa mode dégradante,
Ses libertés la rendaient ivre
D’idées graves et indécentes ;
Le tout premier plaisir charnel
Devait rythmer la nuit nuptiale,
Mais, le monde prisait le sel
Des impatiences immorales,
Quand j’étais vieux !
Les femmes jouaient les patronnes,
Et volaient le bon pain aux hommes ;
Toutes des Eve juste bonnes
A leur faire croquer la pomme !
Leurs maris, qui couraient le soir
Les rayons des hypermarchés,
Avaient renoncé au pouvoir,
Perdu de leur virilité,
Quand j’étais vieux…
Les gens parlaient toujours trop fort,
N’avaient plus le sens des valeurs,
Dansaient à Sodome ou Gomorrhe,
Les rois devenaient serviteurs,
La terre tournait à l’envers,
L’ivraie la ceignait de partout,
Elle était devenue l’enfer…
Je n’avais rien compris du tout,
Quand j’étais vieux !
 
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