Au hasard des rues sans direction,
Le long des façades sans fenêtres,
Sur les trottoirs des lamentations
D'où éclataient les populations,
Les prés où nul bovin ne vient paître,
Et les barcasses en perdition,
Mes pas ont traîné si mollement
Que j’ai pu voir s’étirer le temps…
Quelques étoiles m’ont invité
A venir embrasser leurs promesses ;
Il m’aurait fallu une fusée,
Un vaisseau, pour m’y acheminer.
Le ciel sait déployer ses largesses,
A condition d’en trouver les clés !
Mes yeux ont sommeillé si longtemps
Que j’ai pu rêver abondamment ;
Peu à peu, les fortunes possibles
Me sont devenues inaccessibles…
Jusqu’au jour où un coup de massue
Sur les murs usés de mon silence
M’a tiré de mon recoin perdu,
De ma déliquescence absolue !
J’ai connu ma seconde naissance
Lorsque ton amour m’a secouru.