14.12.2006 - DEVANT LA PORTE D'EVA

Maudit soit le judas
Serti dans le vantail
De la porte d’Eva !
C’est un fâcheux détail
Qui a son importance…
Oh ! Quel joli bouquet
Que tu lui portes là,
Mais tout le monde sait
Que seuls les forsythias
Ont ses faveurs ! J’y pense :
Si tu gardes le doigt
Ainsi, sur la lentille,
Attends-toi, cher Benoît,
A ce que tes pupilles
N’aient pas la moindre chance
D’entrevoir les murs blancs
De son appartement !
Mademoiselle Eva
Sache-le, n’ouvre pas
Aux invités mystères
Qui se cachent derrière
Un pouce, quels qu’ils soient,
Plombiers, facteurs ou toi !
Quoique, si tu l’ôtais,
Ton doigt, en reluquant
Ton air de grand benêt
Par le trou, sûrement
Qu’elle refuserait
Définitivement
Jusqu’à tes beaux œillets !
De nos jours, les nubiles
Sont des plus vétilleuses,
Et demeurent hostiles
Aux faces boutonneuses
Bouffies d’outrecuidance !
Comme elles, elle se terre,
Elle se barricade,
Paranoïaque, altière,
Méprisant sérénades,
Fleurs, fanfares et stances !
Maudit soit le judas
Serti dans le vantail
De la porte d’Eva !
C’est un fâcheux détail
Qui a son importance…
 
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