16.12.2006 - MON AMI DE PASSAGE

Il a honoré son rendez-vous annuel,
Avec sans doute un peu de retard, mais qu’importe,
Nul ne peut le contraindre à être ponctuel !
Décembre, il faut enfin que tu te réconfortes.
Il n’est pas du matin, mon ami de passage
Qui ordonne à la nuit de repousser l’aurore ;
Celle-ci s’exécute, obéissante et sage !
« Il est là ! Il est là ! » jubile une ellébore.
Son teint marmoréen, son visage blafard,
N’ont rien perdu de leur légendaire froideur,
Même si, quelque fois, l’azur franc de son fard
Laisse entrevoir le feu d’un soleil enchanteur.
Ses détracteurs le disent austère et barbare,
Lui, qui sans états d’âme, dénude les branches,
Arrache bien des fleurs, qu’il enterre ou égare
Pour que les yeux n’admirent que sa robe blanche !
Vous qui le haïssez, écoutez-le parler
Le langage du vent, qu’il enseigne aux sapins ;
Bienheureux, êtes-vous, il les a épargnés,
De peur que vos guirlandes n’aient trop de chagrin !
 
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