De mots en maux | |
Mad'moiselleMADEMOISELLEPourriez vous me dire mad’moiselle Le p’tit secret que vous cachez Avec le diable faites vous belle Pour savoir comment m’attacher Avez vous un philtre mystérieux Qui ferait de moi votre esclave N’en mettriez vous pas un peu Dans quelques vins de votre cave Mélangez vous dans vos parfums Des senteurs si enivrantes Ou des essences ou quelques uns De ces mélanges qui me hantent N’avez vous pas sur votre peau Quelques douceurs qui sont étranges Qui font de mes mains un bateau Voguant sur vos petits seins d’ange Que cachez vous sous vos paupières Des émeraudes ou des rubis Diamants brillants au goût de miel Prisons de douces sucreries Et votre bouche est-elle si pure Qui fait de mes lèvres otages D’un fruit qui serait déjà mûr Cachant un étonnant breuvage M’avez vous donc ensorcelé Seriez vous sorcière ou bien fée Qui fait de mon cœur vous aimer Et de mon corps un étranger Mais quel est donc ce sortilège Ou bien langage maléfique Etait-ce un don ou bien un piège Qui tous les jours mon âme piquent Le jourLe jour s’achève Un instant de vie prend fin La nuit se lève Son voile me gardera jusqu’à demain J’aime ce cycle Le jour, la nuit Perpétuelle naissance Incontournable mort Ainsi à mi-chemin de mon temps Qu’il fait bon de mourir et renaître Tapis vertSon ombre plane Même la nuit, c’est dire… Sa lumière brûle C’est peut-être le pire Son vent me violente Même pas de caresses légères Sa pluie me gifle Pas de rosées éphémères Sa chaleur m’étouffe Même l’air me manque A survivre je m’essouffle J’ai mal jusque dans mon ventre Il m’a réappris à vivre Voilà qu’il me fusille J’avais misé ma vie sur ce tapis J’ignorais alors que les dés seraient pipés FroidCe matin j'ai froid Même mes doigts ne savent pas Taper les mots qu'il me faudrait Ce matin j'ai mal Même mon coeur ne trouve pas Les mots qui me soulageraient LES PLUS BELLESLes plus belles histoires d’amour Laissent sur nos lèvres un goût amer Si passion rime avec toujours Alors pourquoi prennent-elles la mer J’ai sur mon corps des cicatrices Des souvenirs de corps à corps Existe-t-il des mots d’artiste Qui feraient oublier mes efforts D’avoir voulu garder au port Tous ces matins où je rêvais Blotti là auprès de ton corps Qu’au soir venu tu resterais Donne moi les clefs de ton désir Et de ta bouche et tes baisers Et que j’enchaîne tes plaisirs Pour pouvoir vivre sans regret Donne moi les phrases pour retenir Ce que je ne sais pas garder Et puis les verbes pour prévenir Tous tes départs anticipés Je n’ai plus l’âge des peut-être Mais le sais-tu au moins ma belle J’ai passé le temps du paraître Mes vingt ans se sont fait la belle S’il faut décoder des secrets Je prendrai le temps qu’il faudra Mes heures ne sont plus à compter Pour te garder auprès de moi Mais si tu as déjà des doutes Et que ton coeur n’affirme rien Dis-le moi et prends donc la route Car je ne veux briser le mien TextesTextes, témoins des démons qui me lestent A quand le jour de la feuille blanche ? Je traineJe traine sur cette route depuis trop longtemps J’ai regardé passer bien des paysages Parfois bien trop vite, parfois bien trop lent J’ai gouté à des moments de bonheur Avec les mots qui manquent à mon cœur Pour décrire ce qui était beau Et pour écrire ce qui faisait mal J’ai dit oui quand j’aurais du dire non J’ai même ri à bien des cons J’ai pas pleuré pour des misères Même écrites en gros caractères La route est trop longue A trop avoir roulé je m’allonge Et laisse l’ange de la nuit Taire à jamais mes plaintes et mes cris
Je traineJe traine sur cette route depuis trop longtemps J’ai regardé passer bien des paysages Parfois bien trop vite, parfois bien trop lent J’ai gouté à des moments de bonheur Avec les mots qui manquent à mon cœur Pour décrire ce qui était beau Et pour écrire ce qui faisait mal J’ai dit oui quand j’aurais du dire non J’ai même ri à bien des cons J’ai pas pleuré pour des misères Même écrites en gros caractères La route est trop longue A trop avoir roulé je m’allonge Et laisse l’ange de la nuit Taire à jamais mes plaintes et mes cris
Des matinsÇa fait bien des matins et des années que j’écris Début, j’comprenais pas, j’savais pas trop pourquoi Puis j’me suis dit tais-toi, continue c’est ainsi C’est ta façon à toi de dire quand ça va pas Et comme souvent ma tête savait pas c’qui s’passait Et que mon cœur artichaut demandait c’qui arrivait J’leur ai dit attendez, regardez sur l’papier Ça fait pas bien comprendre mais ça fait soulager Quand mon gone de quelques jours s’est taillé sur la route Et que personne sur mon ch’min a pu me dire pourquoi J’ai frappé du papier de cette encre du doute Qui te fait demander quelles sont donc ses lois Plutôt que d'crever d’haine et p’t’être même d’folie J’ai rempli des feuilles blanches et encore et toujours Sans chercher les pourquoi de cette putain de vie Qui a donné à la mort cet enfant de quelques nuits Quand cette jument d’deux mètres m’a torché ma vertèbre Et ce qui va avec, tout en te laissant l’doute Que dessous la ceinture un de ces jours peut-être Tu sentiras les caresses, voir p’t’être même que ça bouge J’ai pas trainé des lustres pour salir ce papier D’cette colère enterrée depuis peu sous mes pieds Je l’ai même insulté, jusqu’à le déchirer Ça fait pas avancer mais putain c’est le pied Alors qu’depuis le bonheur a frappé à ma porte J’avoue que j’vois moins souvent les amis d’mes bobos Mais j’oublie pas que mes mots, mon papier, mon stylo Ont donné à mon cœur le loisir de se battre Et à ma tête et tout l'reste, d’vous écrire quelques mots C’est parfois maladroit, mal écrit ou mal dit Mais rien de ma p'tite tête ne sait dire cela Seul mon cœur sait ouvrir tout c’que je ne sais pas Alors lui en voulait pas s’il s’emmêle les doigts Et s’il écrit mes ennuis comme il est dans la vie FlaconsIl s'est couché sur ce lit Il avait ses habits de fête Sa vie, elle, s'était fait Il avait lutté tant de fois Ses yeux se sont alors fermés Un bout de papier chiffonné Et puis son cœur s'en est allé Liberté Liberté Laisser les mots aller Aller sur le papier Là, dans une valse osée Mais sans rien demander Ne demander pourquoi Poser là, ces mots-ci Car là, je suis le roi Le roi de mon esprit Manger et en mourir Aimer et en périr Donner et puis haïr Protéger puis trahir Excès de mes délires Dépasser même le pire Violer même l’horizon La ligne de ma raison Mais je suis fou, dit-on Car dans ces mots de déraison Mon cerveau a fait don Des émotions de mes raisons Et si ça sert à rien J’aurais tué le temps Et puis de ces instants Qui font un mal de chien Les mursEt si les murs se rappelaient Comme une mémoire en eux figée Et si les murs pouvaient saigner Comme une larme en eux cachée Si tous les baisers échangés Flottaient encore sous ses volets Et si tous mes pleurs étouffés S'étaient glissés sous le plancher Alors j'irais te voir et te parler Te rappeler toutes ces années De tous les pleurs de mon enfance A mes folies d'adolescence Te souviens-tu de toutes ces filles Toutes aux cœurs grands et fragiles Rappelle toi de cette femme Pour qui j’ai du vendre mon âme Et chez toi encore résonnent Mes colères, mes joies, mes peines Mes ratés, mes loupés, mes premières Tout ce qui a fait de moi un homme J’ai la mémoire humide Au souvenir de toi Comme tous ces mots qui se vident Comme toutes ses phrases sans voix Des colères de mon père Aux pleurs cachés de ma mère Jusqu’au rire de mes amis Tout ce qui a pu bâtir ma vie Et pour tout cela J’irais te voir et te parler Te rappeler toutes ces années De tous les pleurs de mon enfance A mes folies d'adolescence..................... Ecris moiEcris moi donc une lettre Avec juste quelques mots. Car si avec des peut-être, On repartait quand c’était beau
Ton rire et ta voix dans ma tête Me volent jusqu’à mon sommeil. Toutes nos heures, toutes nos fêtes Laissent à mes nuits un goût amer
Ecris moi donc une lettre Rappelle toi cette année la. Il coule encore dans mes veines Un écho qui parle de toi
Tout était folie ou excès De nos amours à ce silence. Mais ce qui nous a séparé N’évite pas la douleur de l’absence
Ecris moi donc une lettre Je te dirais que je suis la Car mon souvenir n’est peut-être Pas aussi vieux que tu ne crois
Ne t’en va pas sans dire un mot Tu sais bien où me trouver Ton silence serait de trop Si tu décidais de t’évader Petit enfantPETIT ENFANT Petit enfant au regard noir Bruits de canons dans les écoles Et puis présent ou bien absent Et puis tes yeux petit enfant Cette poupée au cœur de pierre Petit enfant au regard noir Tant de haine dans les yeux de papa Et le père noël dans tout ça… Et si...ET SI…Elle passe et tu oublies, Gardent tes inconsciences, Dans le bruit de la ville, Un instant de silence Et puis ses yeux qui s’attardent, Tels des mots doux murmurés, Ses gestes au ralenti, image arrêtée, Tel une photo couleur sans négatif C’est une image furtive, Pas besoin de longs discours, Son regard s’échappe, Mais un parfum te poursuit Sentiment étrange, Malaise presque agréable, Dans la foule sur ce trottoir, Son visage, un instant Tu l’as croisée, elle est là, Mais lui parler, tu ne peux pas, Passe une seconde, S’attarde une silhouette Et tu sais pas, Et si, et si, Juste un mot aurait suffi, D’étrange à familière, Elle aurait pu dans ta vie Bout de filleBout de fille Belle enfant Mon cœur n’a d’yeux que pour toi Bout de fille Belle ado Mes yeux ne brillent qu’à te voir Bout de fille Belle enfant Ma voix ne peut traduire Mes mots sonnent faux Bout de fille Belle ado Mon ventre sait Ce que ma tête ignore Bout de fille Belle enfant Tes larmes sur tes joues Sont le sang de mes veines Bout de fille Belle ado Comment pourrais-je te dire Ce que je viens de t’écrire… ? Peut-êtrePEUT-ETRE Depuis longtemps j’ai déserté mes plages, Où le sable blanc et l’écume des vagues Se caressent bruyamment Où les touristes des grandes villes Se protégent sous leurs parasols blancs Depuis longtemps j’erre dans ses ports sombres Où la mer tâchée tutoie les bétons, Où je rêve de ces grands bateaux noirs Transporteurs du cortège de mes espoirs J’y ai croisé des fantômes, des hommes, Facile, disaient-ils, chuchotant, Dans ces cales humides de dernière classe Toujours une place pour un gars comme moi Et de dollar en dollar amassé, Avec mon corps j’ai même dû les payer, Pour un long voyage sombre Serré là comme le sont les bestiaux A cette terre promise, des hommes en bleu, Une matraque à la main pour tout discours, Enfermés dans des pièces sans fenêtre, Un lit comme seul réconfort Et puis les attentes, les papiers, les sans nom, On ne voulait pas de mal, juste un peu rester, Ici, là ou ailleurs, nous laisser une chance, Ridicule S.O.S. dans ce monde trop plein Alors dans un grand oiseau blanc Bien assis, entouré, Les poignets ferraillés, Ils m’ont ramené Sur mes plages, sur mon port, Une prochaine fois peut-être…
Elle s’est endormieElle s’est endormie prés de lui Dans ce grand lit où il fait froid Combien de fois, combien de nuits Leurs corps se sont mélangés là Elle a gardé sous ses beaux yeux Cette ombre qui ne trompe pas Cette trace de leur combat De ces jeux qu’on ne joue qu’à deux Elle s’est endormie prés de lui Dans ce lit où rien n’est froissé Elle s’est couché sur le coté Lui, sur le dos comme il aimait Elle ose à peine le toucher De peur peut-être de le gêner Mais en secret elle aimerait Le réveiller par un baiser Elle s’est endormie prés de lui Dans ce lit où il ne dit rien Et dans un sanglot épuisé Des mots d’amour, elle a pleuré Elle voudrait surtout qu’il entende Que ses mains et sa bouche savent Que ses lèvres resteront tendres Et tout son corps et ses caresses Elle s’est endormie prés de lui En pleurant l’homme de sa vie Sa mère assise prés de lui Pleurant son fils, sans un bruit MotsTrouver le mot juste Ne pas se tromper Rester sincère Même dans sa misère Toujours dire vrai Ne rien se cacher Oter tous les masques Savoir où ils sont Oser se montrer Tel que l’on est Ne rien voiler Ni même trahir Se parler sans fard Se moquer des manières Mais il y a ces lois Que l’on n’écrit pas Il y a ces sourires Dont on ne peut se départir Ces bonnes manièresDont on ne peut se défaire… …et pourtant… J’ai basculé dans un trou, un trou sans fond Je ne peux plus tenir, comme si j’allais exploser J’ai envie de fumer, de boire J’ai mal, de partout, si mal J’ai mal à la gorge, au ventre, aux muscles… Je me sens seul, j’étouffe J’ai envie de crier, d’hurler, de casser J’ai envie de pleurer Je voudrais parler mais je ne peux pas Je n’ai plus envie de rien mais j’aimerais J’ai envie de mourir mais je n’ai pas le droit
Je sais plus qui je suis, ni ce que je vaux
Je suis au fond, en bas, il n’y a plus de lumière
Tout mon corps me brûle Que dire de mes mots
Quand ils ne sont que des maux Pourquoi
Pas plus les mots que les raisons Ma solitude ne veux pas Aller voir où je ne suis pas Alors je m’assois à ma table Un verre de vin dans une main La plume et l’encre qui s’étale Sur ces maux dont je ne sais rien L’alcool éclaire mes esprits Lève le voile de mes tourments Le cœur qui brûle sans un cri Plaies qui se rouvrent dans le sang Aller comprendre pourquoi je saigne ! Mais si cela pouvait suffire Je relirais dans mon passé Autant de fois qu’il le faudrait Et tant de choses que j’ignore Comme ces insultes sans paroles Ou tous ces mépris déguisés Sans une gifle mais ses effets Si je fais mal, dites le moi Je veux bien être maladroit Ou même pire s’il le faut Mais dites-moi là où j’ai faux Je voudrais seulement qu’on m’aime Et moi vous le dire ô combien ! Mais il faudrait sur nos chemins Se croiser, s’asseoir et se parler J’ai tant de choses à vous donner Ou seulement à partager Mais je me sens un étranger Sur un sol où je ne suis né Alors mes montagnes me rattrapent Et mes vallées et mes rivières Et si demain tout prend fin Mettez mes cendres dans ces coins { Last Page } { Page 1 of 11 } { Next Page } |
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