Allongé sur le dos au milieu des roseaux
j'écoute chanter l'eau d'un tout petit ruisseau
Le soleil au couchant embrase l'horizon
et ses reflets violets s'attardent sur les monts
La plaine s'assombrit, peu à peu se recueille
Le merle rentre au nid, caché sous une feuille
Un crapaud accroupi sur le bord de l'étang
lugubrement coasse ; un hibou languissant
solitaire au sortir de son sommeil diurne
ahuri, ébouriffé, taciturne
perché sur quelque tronc soudainement hulule
et son cri retentit au fond du crépuscule
La lune, comme un oeil accroché dans le ciel
contemple froidement l'effet surnaturel
de ses reflets d'argent, et tel un mauvais sort
là-bas dans le lointain un chien hurle à la mort
Le crapeau a cessé son triste chant macabre
Le merle a retrouvé son nid au creux de l'arbre
Des prés monte, léger, le cri-cri des grillons
campés devant leurs trous au milieu du gazon
Peu à peu tout s'endort, les hommes et la terre
et le petit enfant sur le sein de sa mère...
jlm

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