Lune, cyclope de la nuit
ton gros oeil morne et livide
sans cils, sans paupière, vide
dans la noire et froide lumière, luit
Lune de petite vertu
impudique et nue dans l'espace
tu nous dévoiles tantôt ta face
belle infidèle, tantôt ton cul
qui se ressemblent étrangement
que tu soies rousse, pleine ou croissant
Il paraitrait qu'auréolée
ton moral soit plutôt chagrin
On ne saurait être surpris
si Pierrot d'un nuage, demain
essuyait tes sanglots de pluie
astre sensible et mal aimé
On dit aussi qu'envers la Terre
tu éprouves forte attraction
et que les océans et mers
fluctueraient selon tes pulsions
On dit encore, mais c'est pas vrai
que tu ne crainds que le soleil
te fasse fondre en un clin d'oeil
et c'est pour ça que tu fuirais
dans ta ronde perpétuelle
devant l'astre roi éternel
Enfin, on pourrait supposer
que tu joues avec ta santé
ne dormant pas de la journée
On te voit là-haut, hébétée
le teint blafard et grise mine
les traits tirés d'un triste mime
Lune, tu intrigues et fascines
et si tu n'étais pas piquée
chaque soir sur le ciel étoilé
et bien, sais-tu, tu nous manquerais
jlm

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