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mulyssefra2

chant ŕ bribes

16:46, 29/3/2008 .. 0 comments .. Link


Chant à bribes,

 Elle te disait l’avenir des paraboles
Ensevelies sous les errements noctambules
Et les erreurs de l’Homme
Elle te nommait l’illusion amère
de
S’être cru immortel parmi les mondes
Atterrés et rampants
Tu insultais le voyou
Qui te volait tes amours
Elle te nourrissait du rêve stupide de
Paraître un homme libre auprès
d'une  Multitude d’enchaînés
Tu remerciais le ciel
D’être un élu en son cœur

 
Elle s’appelait la misère mais jurait de
Faire de toi un prince qui réveillerait
Tous les hères
Et tu sentais tes poumons         
Se nourrir
De la sève d’un vent sans frontières
Tu l’accablais de questions
Mais les réponses étaient aussi un mystère de plus
Et tu continuais de creuser les chemins

 Elle réveillait en toi le monstre bâtard
À peine sorti d’un rêve de sorcière
Impatient

Tu injuriais le vent apportant fausses nouvelles

 

Elle te disait l’arrête de la pierre
Et le vent froid des grottes

Transis
Des hommes se meurent
D’ennui d’attendre
Elle te jurait par son fils cher
Comme âme et par l’honneur
Qui terrasse les hommes
Dans les prisons

 
Elle te conduisit alors
Les yeux écarquillés
Là où l’on élaguait tes ailes d’Icar
Ebahi par ton horreur
Tu retournas briser tes miroirs
Et troubler l’eau des lacs
Tu naquis une seconde fois pour
Voir les chemins parcourus
par L’aiguille traînarde de la montre
La solitude des gueux
Et ta conception fragile
Et tu t’exclames que ce monde
Manque de douceurs et d’amour

 
Tapi dans la pénombre de tes craintes
Tu t’insurges contre le prisme des couleurs
Que tu accuses de spéculateur

 Elle te disait
Ne cessait de te rappeler
La fragilité de ta vie
En ce monde grouillant de larves empoisonnées
-Une vie c’est précieux mais combien fragile‑
Elle te jurait d’extraire la dent de folie
Aux loups malveillants rodant aux alentours des bidonvilles
Et tu riais d’une entreprise aussi osée
Par ces temps
ou la chasse est interdite
Jamais tu ne crus ses yeux insolites
Creusant la nuit de tes cauchemars qui
Pourtant venaient guider tes pas
A la mesure de ton enjambée

**************************************
Moi
Je te dirais le mensonge
Qui fait pousser
A nos hommes
De longues
De très longues moustaches Et qui les fait se pâmer
Dans le désert
De leurs amours 

MOI
Je te dirais
Ce poème ténu
Qui me torture les entrailles
Verbe d’ailleurs
Repu d’horreur et de désillusions
Prêt à bondir sur la syntaxe
Les hardes en bataille

MOI
je te dirais
ce poème têtu
qui obture ma vue
-injure inédite chérie comme œil -
Gavé de mignons petits mensonges
capable de couper le souffle à l’orage
et le yeux bouillonnants de larmes amères

MOI
je te dirais
ce poème ignoble
-assaisonné de mots-billets-doux -
de quoi émerveiller les sirènes aphones sur la grève envahie
par l’odeur des moules
que l’automne a exilée

 

MOI

je te dirais aussi
ce poème bariolé
-parfumé à l’odeur de poisson -
en perdition dans la mer
barrière à ma conscience d’être

 MOI

je te dirais ce poème hagard-disparu avant l’aube ­castré fourbu éphémère
depuis la naissance de ce poème tragique
traqué dans l’indifférence des hommes par les chasseurs d’aube
il retourna à son vocable aphone et à sa source d’eau trouble
y pêcher le souvenir

 

"Attendre le coucher du soleil
Pour désenchanter l’espoir solaire
De guetter son bonheur
Par les persiennes à craquelures"

 

                    ***

je sais la douleur du crépuscule
et la brisure de l’aube mortifiée
je sais tes yeux meurtris
par les horreurs
et les feux qui consument tes ailes
je sais le tonnerre qui roule ses yeux dans tes poches vides
et la faim qui danse fiévreuse en ton ventre vrillé
je sais aussi la profonde déchirure de ton cœur déchu
et le goût d’amande de tes lèvres émues je sais encore la blessure
de ton sein ouvert
et tes poumons écrasés qui redoutent l’air
Connais-tu mon insomnie et ma folie
Mon amnésie mon sein déchiré
As-tu vu l’éveil
Un de ces matins
Sur la montagne indomptée
As-tu vu l’avancée
Des feux
Sur les margelles
Des puits asséchés
As-tu vu la percée des torrents sauvage
Dans les vergers apeurés As-tu vu ce dédale-là
Où ton ombre percluse
Couve une mémoire recluse
Et cet homme-là là-bas
Qui traîne ses blessures diffuses
Cette crevasse où s’est écrasé ton rêve
Cette grande lézarde
Où tes chimères on chu
Cette
boite à cristaux

Où encore tes yeux scintillent
Et cette fille confuse

Qui versa toutes ses larmes
Dans un mouchoir à fleurs



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